Des clichés sur les femmes homosexuelles, Djennifer Mercer nous en parle

La communauté LGBT peine à trouver sa place dans la société.  Homophobie, stéréotypes, voilà le lot du quotidien des membres de ladite communauté. Djennifer Mercer, membre de l’organisation KOURAJ, et lesbienne affirmée, dans un processus de déconstruction mentale, nous parle de certains clichés répandus sur les femmes homosexuelles, qui ne sont en réalité que des mythes.

1- L’homosexualité n’est pas un choix

Si l’on en croit certaines idées reçues sur l’homosexualité, on pourrait transformer  la fameuse phrase de Simone de Beauvoir pour la mettre ainsi: “On ne naît pas homosexuel, on le devient”. Djennifer Mercer pour sa part, adonde dans le sens contraire pour affirmer que l’homosexualité n’est pas un choix. “Etre homosexuel en Haïti, et peut-être ailleurs, c’est se voir tourner le dos par sa famille et ses amis. C’est aussi ne pas pouvoir vivre une foi chrétienne sous peine d’être jugé par les pratiquants de cette religion. C’est ne pas pouvoir se marier si on le souhaite. C’est en somme être rejeté par la société. Il faudrait ne pas être sain d’esprit pour faire délibérément un tel choix” nous dit Djennifer. La jeune dame évoque, pour corroborer ses arguments, un auteur du nom de Jacques Balthazar sans son livre titré “La biologie de l’homosexualité” qui parle du fonctionnement du cerveau en ce qui a trait à la question du genre. Tout ceci pour nous dire que l’homosexualité va au delà d’une simple question de choix.

2- Orientation sexuelle et comportement sexuel, nuance

On a souvent tendance à croire que l’homosexualité se résume à des rapports sexuels entre des gens du même sexe. Djennifer Mercer nous dit non. “Certaines personnes peuvent être obligées de coucher avec d’autres du même sexe; il y a aussi les travailleurs du sexe qui couchent avec des personnes du même sexe. Cela ne fait pas d’eux des homosexuels” explique Djennifer. Cette dernière reste convaincue que l’orientation sexuelle va de pair avec les ressentis des deux personnes; ce que l’on ressent; vers qui nos sentiments sont tournés.

3- Piercing, tatouages, chevillet, typique des homosexuelles? Faux

En Haïti, il en faut de peu pour être catégorisé. Une chaîne à la cheville, un tatouage, des piercings, vous voilà immédiatement faire partie de la communauté LGBT, selon les vieiles idées reçues qui ne s’adonnent à aucune de ces pratiques. Ce que Djennifer en dit de cela: “elles sont nombreuses les femmes homosexuelles à avoir des piercings ou des tatouages,  ou encore porter des chevillets. Ce n’est pas un signe distinctif mais plutôt une liberté de plus” nous raconte-t-elle. “Yo deja ap kritike nou poutèt nou omoseksyèl, kritik yo pral ba nou pou pratik sa yo pa pral ebranle nou ankò” ajoute-t-elle, admettant aussi qu’il y a des gens qui le font sans pour autant faire partie de la communauté LGBT.

4- Lwa ka fè sa? Djennifer répond encore non

“Se lwa ki gate l”. Une expression qu’on entend assez souvent quand il s’agit pour les curieux de chercher une explication à l’orientation sexuelle de quelqu’un. “Le vaudou n’a rien à voir avec l’homosexualité” nous dit Djennifer. C’est juste une tendance pour les gens d’attribuer ce qu’ils ne comprennent pas à une entité… “pour tenter de déresponsabiliser” selon Djennifer. Cette dernière ajoute au passage que le vaudou est très inclusif comme espace, voilà pourquoi plusieurs membres de la communauté LGBT y adhèrent. Personne ne les juge. Ils peuvent être eux-mêmes.

Étudiante en sciences juridiques, Djennifer Mercer a fait son coming-out en 2018 et a intégré KOURAJ en 2019. Elle a 23 ans.

CP: Institut Français

Darline Honoré

Darline Honoré

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