En Haïti comme ailleurs, la caricature et la peinture se situent à l’intersection de l’art visuel, de la satire sociale et politique et de l’expression culturelle. Elles évoluent de la dénonciation historique (Antiquité, Moyen Âge, Révolution) à la critique contemporaine dans les médias, en passant par les courants esthétiques de la Renaissance, illustrant ainsi l’évolution de la perception du beau et de l’excès. Francisco Silva, peintre, illustrateur, caricaturiste, graffeur, bédéiste, sculpteur et professeur d’arts plastiques à l’École Nationale des Arts, raconte son parcours.
Membre actif du collectif Klorat Biz’art, fondé en 2013, il confie dans une interview accordée à Wosinyol Info :
« Ce n’était pas mon intention de devenir caricaturiste. L’idée m’est venue à l’ENARTS, avec le mouvement Medya Plastik. Je n’avais pour seule arme que le dessin pour revendiquer mes droits. Ce mouvement a apporté beaucoup de résultats positifs.
Sous la direction d’un professeur allemand, j’ai découvert la caricature à travers le dessin de reportage. »
Sa philosophie artistique
Francisco Silva s’interroge lui-même : « Suis-je un artiste visuel ? » En citant Oscar Wilde – « Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait, non du modèle mais de l’artiste » – il affirme que l’art n’est pas statique. Pour lui, il faut inventer et réinventer, marcher dans les pas de l’Antiquité tout en s’adaptant à la modernité.
« Je suis toujours en concurrence avec moi-même. Je cherche à comprendre chaque médium. Je m’inspire de la culture haïtienne, le Vodou en est un exemple », explique-t-il.
Francisco revendique son indépendance :
« Je n’appartiens à personne, je suis maître de mon destin. Je ne m’inspire pas de Picasso ni d’autres artistes étrangers. Ce sont mes professeurs qui m’ont façonné. »
Contrairement à certains artistes influencés par l’Occident, Silva puise son inspiration dans les réseaux sociaux, les images de la culture haïtienne et les événements du pays.
Chaque œuvre a son public. L’artiste reconnaît que la situation du pays, marquée par l’insécurité, l’inquiète parfois. Mais les appréciations venues des quatre coins du monde et les retombées positives le motivent :
« Cela me donne encore plus de raisons de travailler. J’y prends plaisir. »

En 2022, Francisco Silva a co-signé avec Odé Fritz Junior la bande dessinée Circuit Fermé, publiée à la maison d’édition martiniquaise Les Sucriers. Composée de 48 planches, elle s’inspire des embouteillages en Haïti. Bien que destinée aux adolescents, elle peut aussi être lue par les enfants.
One Comment
Le grand Silva est l’un des artistes que je ne regretterez jamais d’avoir connue
Merci a toi mon frère
Succès