Le jeudi 22 janvier 2026, dans le cadre de son activité hebdomadaire Rendez-vous livres ouverts, il y a eu des éclats à profusion avec un line-up bien rempli et très varié : Patrice Dumont, récemment sénateur de l’Ouest, Titi Congo, le fameux vocaliste du tube Chèf Pwèl de la période des Gédés, et la jeune talentueuse Benchina Marc, connue sous son nom de scène Mu’z Stars. Autant dire qu’il y avait du chaud dans ce show.
Comme annoncé, Yon PP Dumont pa yon jwèt. Il devait entretenir le public sur le football, envisagé dans sa totalité : physique, esthétique et intellectuelle. Un sujet qui visait à lever le voile pour certains sceptiques ou pour ceux qui, par manque d’observation, réduisent cette discipline sportive et populaire à sa seule dimension physique. Invité en ce jour comme professeur, Dumont a préféré descendre d’un cran pour se mettre à la portée de son auditoire, composé en majorité d’écoliers. Il a pris plus d’une heure pour détailler point par point ses trois axes : la partie physique, la partie esthétique et enfin la partie intellectuelle, qui était le cœur même de son intervention.

Selon lui, les choix tactiques ne sont jamais des exercices hasardeux. Ce sont des concepts élaborés avant d’être appliqués. En d’autres termes, le principal travail d’un coach de football est d’utiliser son intelligence, d’activer ses neurones pour construire une tactique match après match. Même lorsqu’une équipe possède une philosophie de jeu établie — comme le FC Barcelone de Pep Guardiola entre 2008 et 2012 — l’entraîneur doit toujours apporter des ajustements, aussi minimes soient-ils. Pour Dumont, c’est le cerveau, l’intelligence, qui permet ce travail. Il a conclu en affirmant que ceux qui pensent que le football, parce qu’il est une activité physique et populaire, ne recèle pas de profondeur intellectuelle, se trompent.
Après son intervention, fidèle à son jargon vale teren, il y eut des échanges nourris. Mais un tir inattendu dévia la discussion vers un autre terrain : faut-il dire haïtien ou créole pour désigner la langue parlée par la majorité dans la cité dessalinienne ? Un autre débat, qui méritera d’être éclairé plus tard.

Ha llegado la hora de los artistas — un peu d’espagnol pour rappeler le club Atlético Peñarol, premier grand club où évolua Jean-Jacques Pierre, ex-capitaine et entraîneur de la sélection nationale masculine. Son anniversaire tombe le 23 janvier, date liée à la qualification d’Haïti pour la Coupe du monde 2026.
Mu’z Stars a interprété deux morceaux, vivement appréciés et applaudis par le public. D’abord Mizik sove vi m de Tafa Mi-Soleil, puis des reprises de Carole Demesmin et Lumane Casimir, qui ont enflammé davantage l’ambiance.
Quant à Titi Congo, il n’a même pas eu le temps d’entonner son hit. Il a fait un cas (lwa pran moun), et pour tous ceux présents dans l’enceinte de la médiathèque, c’était suffisant. Quand un artiste interpelle les divinités du terroir avec sa guitare et ses notes vocales, coiffé d’une manière sacrée et arborant son mouchoir rose du jour, l’effet est total. Ayibobo !
C’est tout ce qu’il reste à dire. Rendez-vous à vos capacités et à vos manières de penser pour le prochain jeudi.