Actualité 01/10/2026

LIGUE DES NATIONS CONCACAF: « Les dieux ne viendront pas te sauver » : Haïti foudroie la République dominicaine 4-1

SAINT-DOMINGUE Comme un écho à la tirade légendaire d’Achille défiant Hector sous les remparts de Troie, la sélection haïtienne s’est présentée au Stade olympique Félix Sánchez avec une certitude absolue : sur le rectangle vert, aucun parrainage politique ni aucun grand cador de ce monde

Par BWA PIWO Publié le 01/10/2026 à 22:12
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SAINT-DOMINGUE Comme un écho à la tirade légendaire d’Achille défiant Hector sous les remparts de Troie, la sélection haïtienne s’est présentée au Stade olympique Félix Sánchez avec une certitude absolue : sur le rectangle vert, aucun parrainage politique ni aucun grand cador de ce monde ne viendrait sauver son homologue dominicain. Pour ce grand derby de l’île, les Grenadiers ont signé un chef-d’œuvre de dignité, s’imposant magistralement 4 buts à 1.


Quatre bombes pacifiques face aux privilèges géopolitiques
Dans un stade plein à craquer, ce duel portait en lui le poids invisible des tragédies historiques et des douleurs migratoires infligées aux frères et sœurs haïtiens. Mais le football possède cette magie unique de balayer les injustices structurelles. Face à l’étiquette de nation blanche de la République dominicaine, choyée par les puissances occidentales et bénéficiant des investissements de géants comme le Real Madrid, Haïti a répondu par l’art, le talent et la culture viscérale du ballon rond, celle-là même qu’elle partage avec le grand Brésil.


Menant 1-0 à la mi-temps grâce à Louicius Don Deedson, Haïti a totalement dicté sa loi en seconde période. L’attaquant Wilson Isidor, étincelant et « tout en or », a survolé les débats en s’offrant un doublé retentissant. Ces quatre buts ont éclaté sur la pelouse comme quatre petites bombes, non nucléaires, mais purement sportives, venant sécher les larmes d’un peuple et rappeler aux « pères criminels » qui téléguident le camp adverse que la politique n’est pas le seul moyen de faire vibrer la fierté d’une nation. Dans l’ADN de l’île, la trace de l’humanité injectée par Haïti autrefois demeure, n’en déplaise aux récits imposés par d’autres.
L’effet David Badía : La griffe catalane à l’épreuve du contre.


Ce triomphe porte aussi l’empreinte tactique du nouveau sélectionneur, David Badía. À l’œil nu, le style de ce coach catalan, amoureux de la possession, du redoublement de passes et du marquage de zone strict, transpire déjà dans le jeu des Grenadiers. Il s’amplifie ainsi la flamme retrouvée de l’épopée de la Coupe du monde 2026.
Cependant, le plan de jeu n’est pas encore totalement abouti. En voulant confisquer le ballon et monter le bloc très haut, l’équipe haïtienne s’est montrée vulnérable sur les transitions et les contre-attaques adverses. Un déséquilibre que le génie technique et la rage de vaincre des joueurs ont su compenser cette fois-ci, mais qu’il faudra ajuster pour les combats futurs.
Un sans-faute vers les quarts de finale
Avec cette troisième victoire consécutive en Ligue des nations, Haïti confirme sa supériorité caribéenne et valide officiellement son billet pour les quarts de finale. Malgré la main puissante de la vie et les barrières économiques qui freinent parfois l’accès direct de nos talents aux ligues majeures — forçant des joueurs comme Ruben Providence ou Martin Expérience à briller dans les championnats belges ou néerlandais —, le talent haïtien s’impose de lui-même. Les Grenadiers sont debout, en feu, et rappellent au monde entier que sur la pelouse, le roi de l’île reste indomptable.

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