Le massacre des terres fertiles : Limonade ensevelie sous le béton

La plus grande catastrophe qu’ait connue le pays n’est ni le séisme du 12 janvier 2010 ni les inondations du cyclone Jeanne en 2004, mais bien le comportement irresponsable des citoyens à l’égard de l’environnement. Les facteurs abiotiques constituant notre cadre de vie sont passés sous la domination de l’homme haïtien depuis la déclaration de l’indépendance en 1804. Mais existe-t-il un projet de longue portée pour les sauvegarder, les protéger et les faire évoluer ? On peut en douter.

Malgré un sol fertile et un climat tropical aux saisons instables que nous observons et expérimentons, notre indifférence suicidaire reste intacte face à notre relation vitale avec l’environnement. Les institutions locales, étatiques et internationales utilisent ce dernier comme toile de fond pour générer de l’argent sale, sans qu’aucune amélioration tangible ne soit constatée, si ce n’est quelques actions vagues et dispersées.

La commune de Limonade illustre parfaitement cette dégradation environnementale. Sur des dizaines de kilomètres de terres fertiles, des plantations de bananes sont arrachées en plein jour sous les yeux complices des autorités locales. Sans plan ni explication, des mètres cubes de gravats et de béton sont déversés, comme pour punir le sol d’avoir trop aimé la plantation.
Ce que l’on perçoit n’est plus une limonade savoureuse et rafraîchissante sous le soleil tropical, mais bien le massacre des terres fertiles : un environnement étranglé, saigné à blanc, enterré vivant sous des couches de béton par des citoyens inconscients, dans le silence complice des autorités locales et centrales. Comment un gouvernement légitime, doté d’un projet environnemental clair et conforme aux objectifs de développement durable, pourra-t-il opérer ce virage vers une écocitoyenneté responsable ?

Emilius Fils Noel

Emilius Fils Noe

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