DNL a la gloire pourpre, comme des chandelles allumées dans la chapelle Sixtine… Mais que se passe-t-il si ceux qui marquent les buts ne partagent pas la joie de la victoire de l’équipe ?

L’histoire raconte que lors des travaux d’aménagement de la chapelle Sixtine, enceinte dédiée à l’Assomption de Marie et chapelle principale du palais apostolique, portant le nom du pape Sixte IV (Francesco della Rovere), les conditions de travail des ouvriers et des artistes étaient ardues. Elles impliquaient des efforts physiques intenses, comme pour Michel-Ange, contraint de travailler dans des postures inconfortables sur un échafaudage pour peindre la voûte, tout en gérant les exigences papales. Ce contexte illustre la grande ambition artistique de la Renaissance, mobilisant des équipes d’ouvriers qualifiés et des peintres renommés.

Aujourd’hui, l’institution étatique dédiée à la cause du livre et de la lecture publique en Haïti, la DNL, est en pleine effervescence depuis l’arrivée de Monsieur Ernst Saint Louis comme directeur général. On peut dire que c’est l’un des retours de l’enfant prodigue qui porte ses fruits pour le pays, au regard du zèle déployé par l’institution. Avec son slogan « Pa gen kanpe », inspiré de la formule de Moïse Jean-Charles, la DNL affiche une dynamique nouvelle.
Mais qu’en est-il à l’intérieur, pour les « chevaux » qui font avancer la charrue afin de rendre cette terre fertile ? Selon des informations recueillies par des intermédiaires, il semble que la joie ne règne pas dans le cœur de nombreux employés. Ceux-ci se plaignent d’un manque de communication interne et d’une rémunération insuffisante. « Bat men ki ankouraje chen », dit-on en Haïti. Pas de cas d’harcèlement ou d’injustice majeure signalés jusqu’à présent, mais le volume d’efforts déployés ne correspond pas à la rémunération.

On dit que le sieur Saint Louis se soucie davantage des activités que du bien-être des personnes qui font fonctionner la machine pour sa gloire. Fin décembre 2025, deux événements ont fait l’effet de coups de tonnerre, perçus comme de possibles scandales :

• Une décision de l’administration de réduire considérablement les frais liés aux cartes de débit, sous un prétexte jugé peu crédible.
• Le cas d’un cadre hautement expérimenté et ancien de l’institution, qui n’a pas été officiellement nommé fonctionnaire de l’État haïtien, sans qu’aucun reproche ne lui soit adressé.
Depuis, certains employés se plaignent discrètement, surtout en dehors de l’institution, auprès de leurs proches. Ce n’est que par ces confidences que ces informations ont pu être recueillies.

Peut-on qualifier cela de réussite pour une institution rayonnante à l’extérieur, mais dont les employés, à l’intérieur, n’ont pas le cœur en paix ? Ils travaillent sans relâche, dans des conditions difficiles, tandis que le budget semble davantage orienté vers la réalisation d’activités que vers leur bien-être.
Comme dans le film Vacances sur ordonnance avec Queen Latifah, où une employée d’hôtel à Karlovy Vary contemple le plafond magnifique et demande à son collègue : « Est-ce que tout cela ne te donne pas envie d’aller plus loin ? » De même, certains employés de la DNL envisagent de quitter, de fuir une ambiance qui ne leur apporte rien de bon.

Certains affirment que le directeur général a un caractère très autoritaire, ses décisions étant scellées dans la pierre. Comme le pape Clément VII, il est jugé très exigeant. On pense même qu’il nourrit des aspirations à devenir ministre, et que le rayonnement extérieur de la DNL lui sert de campagne subtile et anticipée.

Valery Gerome

Valery Gerome

Rédacteur en chef Wosinyol Info .

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