Actualité 01/10/2026

Autour de « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien :Le manifeste pour le droit à la musique et à la joieOn attribue souvent à la poésie de Martha

Il y a un dicton populaire qui dit : « Celui qui est heureux écoute la musique, celui qui est malheureux écoute les paroles. » Appliqué à la scène littéraire internationale contemporaine, ce constat est d’une lucidité implacable. Aujourd’hui, le monde est si profondément malheureux,

Par BWA PIWO Publié le 01/10/2026 à 07:06
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Il y a un dicton populaire qui dit : « Celui qui est heureux écoute la musique, celui qui est malheureux écoute les paroles. » Appliqué à la scène littéraire internationale contemporaine, ce constat est d’une lucidité implacable. Aujourd’hui, le monde est si profondément malheureux, si saturé d’anxiété collective, qu’il est devenu incapable d’entendre la musique des livres. Il n’en écoute plus que les paroles brutes.
Le tumulte mondial suscité autour du roman « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien est le miroir grossissant de cette crise globale de la lecture. En observant les passions qui s’agitent autour de cette œuvre, force est de constater que la république des lettres a déserté le texte. Le tribunal médiatique et numérique international s’active avec une ardeur chirurgicale sur les enjeux géopolitiques, traquant le plagiat par intelligence artificielle, disséquant l’origine, le statut ou la couleur de l’auteur. Dans cette autopsie froide, une absence crie son nom : celle de la création littéraire elle-même. Les figures de style, le rythme de la phrase, le niveau de verbe, le choix de la focalisation narrative — tout ce qui constitue le tissu vivant et le chant d’une plume — ont été relégués au rang d’angles morts. Pourquoi la critique internationale ne s’intéresse-t-elle plus qu’au sujet, au premier degré, en oubliant les aléas sacrés qui composent l’œuvre ?
Certes, celui qui a défini la littérature comme la mère des sciences humaines n’avait pas tout à fait tort : un grand roman capte les vibrations profondes de son époque. Mais l’erreur contemporaine est de confondre le roman avec un journalisme différé. Sur toute la scène internationale, l’œuvre d’art est sommée de comparaître comme un manifeste de résilience, une pièce à conviction politique ou une étude sociologique brute. Des contextes particulièrement éprouvés, comme celui d’Haïti, ne font qu’allonger et radicaliser cette façon de consommer la littérature, où l’urgence des crises pousse à cueillir les histoires debout, sans prendre le temps de s’asseoir pour en apprécier l’architecture.


Cette perte globale de bon sens est le fruit d’une humanité universellement traumatisée. Le siècle avance au rythme d’une litanie de terreurs globales : guerres hyper-médiatisées, famines, épidémies et catastrophes climatiques. Face à cette accumulation, l’habitude est devenue une seconde nature. L’esprit humain s’est verrouillé pour survivre ; il est devenu automatiquement apte pour les tensions, mais hermétique à la gratuité de l’art.
Le côté ludique et créatif de l’écriture est aujourd’hui opprimé par cette dictature du sérieux et du conflit. Pourtant, le facteur ludique et l’émerveillement devant des formulations originales ne sont pas des luxes superflus : ce sont des nécessités biologiques et spirituelles. Le corps et le mental ont un besoin impérieux de ce brake — ce frein, cette halte poétique — pour le bien-être de l’âme. Priver l’homme de la beauté de la forme, c’est accepter que les crises verrouillent définitivement notre humanité. Redécouvrir la plume de Thélyson Orélien derrière le sujet de son livre, c’est accomplir un acte de résistance esthétique. Il est temps de rappeler au monde que la littérature est d’abord un chant, et que l’art est le seul sanctuaire où notre âme peut encore respirer librement.

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