« Je ne suis pas devenu chanteur, je suis né chanteur », dixit Wolf-14

Connaissez-vous la saga littéraire Les Chevaliers d’Émeraude ? Non, ici il s’agit du « roi de l’art » avec sa musique et ses poésies. Roi Émeraudes, ainsi se surnomme Wolf-14, attiré par la déesse de la musique, Sarasvati, figure de l’hindouisme, déesse de la connaissance, des arts et de la musique, représentée jouant du vina, un instrument à cordes. Voilà une représentation typique de ce jeune artiste, de son vrai nom Wolf Tompson Laguerre, qui se forge un nom tout en s’orientant vers un ordre spirituel pour embrasser son monde.

« Je suis né avec la musique dans le sang. »
Selon sa mère, Wolf-14 entre dans le monde de la musique dès l’âge de deux ans. La littérature prend ensuite une place importante au Lycée Anténor Firmin, un parcours qui se contemple avec l’avenir. Déjà considéré comme le premier artiste haïtien à avoir créé une œuvre musicale publicitaire au Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA), passionné de littérature et d’art, Wolf-14 protège ses créations comme un tuteur légal, assurant leur légalisation, leur rentabilité et leur promotion dans son pays. Spécialiste en audiovisuel, ingénierie du son et postproduction, il fait de ce sacrifice une preuve d’amour et de fidélité absolue.

Sa première apparition avec VALEM SA fut volée, mais « on ne peut pas tuer les rêveurs ». Avec confiance, persévérance et foi, il compose Mwen kwè, un titre repris par BIC et qui fit le tour de Port-au-Prince grâce au studio Tizon Dife Records et à l’Artiste Institute de Jacmel. En 2021, une porte s’ouvre : il participe à NBC The Voice. Malgré sa réussite, il est refusé par l’ambassade américaine, faute de soutien du Ministère de la Culture en Haïti. « Sans support financier je ne pouvais pas me déplacer », rétorque l’artiste. « Mwen kilbite, men mwen pa tonbe. » La même année, il participe au Freemuse Award en Belgique avec sa chanson Believable. Sélectionné parmi les neuf finalistes, il est encore freiné par le manque de moyens économiques.


Entre musique et littérature


En Haïti, certains artistes embrassent à la fois le cinéma, la musique et la littérature. Wolf-14 en est un exemple vivant. L’art est pour lui un plat quotidien : il est son propre producteur, évolue dans le théâtre et le cinéma, tout en donnant des cours de solfège aux enfants et aux adultes. Il crée sa propre marque, Zantray Tèt Grenn (ZTG). Son premier titre marquant, Suspens la Vie, attire l’attention du public et lui vaut des applaudissements lors d’un concours organisé par l’établissement Sainte Marie à Canapé-Vert.

« Nul ne peut être libre dans l’ignorance de sa valeur. Et si vous passez votre temps à valoriser la médiocrité, vous détruisez peu à peu les gens de grandes valeurs. Mais cela révèle qui vous êtes réellement. »
Ainsi parla Wolf-14 aux jeunes artistes haïtiens.

Et si la musique est son souffle, la littérature son horizon et l’art sa demeure, Wolf 14 apparaît comme un funambule entre les rêves et les épreuves. Ses pas vacillent parfois, mais jamais il ne tombe : chaque refus, chaque obstacle devient une pierre posée sur le chemin de sa légende. Dans le tumulte d’Haïti, il incarne cette voix qui refuse le silence, ce cri qui se transforme en mélodie. Car au delà des concours, des frontières et des refus, demeure une vérité simple et éclatante : Wolf 14 n’est pas seulement un artiste, il est une promesse vivante que l’art, lorsqu’il est sincère, finit toujours par triompher.

Valery Gerome

Valery Gerome

Rédacteur en chef Wosinyol Info .

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