Gade kijan yon piti gen chans pou l fè lòbèy…
Gracia Delva, chanteur haïtien à succès, entonnait ce refrain tiré du tube « Devan devan nèt » de Mass Kompa. Oui… Ces personnages — Michel Martelly, Patrick Moussignac, Gracia Delva, et quelques autres — semblent avoir bénéficié d’une providence qui a porté leur parcours. Ils ont eu la chance de réaliser des choses et de récolter du succès dans l’île de Quisqueya, au cœur des Caraïbes.
Saut-Mathurine, lieu d’attraction touristique.
Saut-Mathurine (« So Matɛin » en créole) est une cascade située à Camp-Perrin, dans le Sud. L’une des plus grandes chutes d’eau d’Haïti, elle s’étend sur la rivière de Cavaillon. Aujourd’hui, c’est ainsi que je perçois Michel Martelly : tel une grande chute d’eau ralentie, courant désormais à rebours.
Un parcours fulgurant
- Patrick Moussignac est le baron de la radiodiffusion en Haïti, grâce à sa plateforme Caraïbes, notamment Radio Télévision Caraïbes, conquérant de la bande FM.
- Gracia Delva, lui, est une figure populaire depuis Djakout Mizik, puis avec Zenglen, avant d’entrer en politique pour étre élu sénateur de la république.
- Pour Michel Martely,
La Médiathèque Caraïbe (www.lameca.org) consacre un article titré : « I Don’t Care », retraçant son parcours. En 1986, à 25 ans, il jouait déjà pour des personnalités influentes.
En 1988, il fonde officiellement Sweet Micky avec Alex Tropnas (guitare) et Welton Désiré (basse), accompagné des arrangements de Fabrice Rouzier, d’abord, d’Ansyto Mercier. marqué la scène compas durant les années 1990. Il s’est imposé comme un artiste incontournable de la musique haïtienne, reconnu pour ses performances énergiques et désinvoltures
En 1990, son carnaval « Mache sou yo » apporte un souffle nouveau aux meringues carnavalesques, en mêlant provocation et violence dans ses chansons, notamment en 1994.
Martelly s’impose comme l’une des super stars du pays, aux côtés de Ti Manno, Gracia Delva, Gary Didier Perez ou King Kino…pour le compas.
Il a aussi marqué les artistes haïtiens en leur faisant croire qu’ils pouvaient s’enrichir grâce à la musique. Ses albums « Konpa Forêt des Pins » et « I Don’t Care » ont contribué grandement à son ascension. Le carnaval de 1996 reste pour moi son chef-d’œuvre, avant l’arrivée de King Posse qui enchaîna les succès sur ce terrain de carnaval.
Martely aime souvent dire, qu’il était un sauveur pour la musique dansante haïtienne, le compas, car pendant la période d’où les onfluences de la musique Zook, particulièrement le groupe Kasav battait son plein dans la cité, avec son groupe Sweet micky, tendance compas nouvelle generation…il a grandement contribué a redressé la done
Jouisseur de haute voltige
Martelly se définissait comme un comédien. Sur scène, il voulait donner du plaisir : sourires, danses folles, tenues provocantes, et même l’usage de gros mots (di betiz). Mais cette vie de jouisseur l’a conduit à l’addiction à la drogue, bouleversant son existence. Il a parfois interrompu ses performances, avouant avoir passé des nuits sous l’influence de la cocaïne. Certains affirment que ces dérives l’ont poussé vers la politique.
Il fut aussi joueur de football au Don Bosco de Pétion-Ville, attirant des foules à chaque match, pour venir le voir en train de s’amuser avec les professionnels.
Chute d’eau perturbée
« Le succès est éphémère, mais la gloire est immortelle » — paroles de la chanson « Ouvè baryè »
de Sweet Micky. Mais où se situe Martelly aujourd’hui ? À l’intérieur ou à l’extérieur de cette barrière ?
Son image de chanteur populaire ou homme rigolo s’est ternie avec son passage à la présidence, ce couloir maudit de la politique. J’ai gardé en moi les meilleures images du musicien, mais je ne pardonne ni ne condamne ses erreurs politiques. Une société éveillée n’aurait jamais permis qu’il devienne président, malgré cette démarche sordide mêlant René Préval et l’ambassade américaine.
Où est passée cette popularité qui lui permettait d’organiser des activités caritatives pour la sélection nationale de football senior ou pour les victimes du cyclone Jeanne avec sa fondation Rose et Blanc ? Où est cette liberté de danser dans les rues de Port-au-Prince, surprenant les quartiers avec sa bande à pied préférée, Fashion Maté ?
Conclusion
Il est dur et malheureux de voir aujourd’hui Michel Martelly de Sweet Micky, vivre le revers de sa gloire passée, lui qui fut une ce one-man-show du compas et ce jouisseur de haute voltige.
BWAPIWO