Jean-Bertrand Aristide, Haïti : la chute du leader charismatique, symbole du « burn-out » du peuple dans ses révoltes et luttes populaires

  • « Jou nou revòlte eeee
  • Jou n’a revolte eeee
  • Sa fè lontan y ap di n kijan pou n viv o »
    chante Boukman Eksperyans dans Jou nou revòlte.

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est un trouble psychique lié à une exposition prolongée au stress. Il associe fatigue émotionnelle intense, perte de motivation et diminution du sentiment d’accomplissement.

Il a fallu la mort de don Diego Armando Maradona pour que l’Argentine retrouve la gloire mondiale avec Lionel Messi. Certains analystes ne marchent pas leur mots pour faire le parallèle entre ce qu’a fait Maradona pour le foot argentin, et la manière de l’hissé au rang des dieux, que le peuple argentin a apporté ce dernier pour le remercier…ce qui semble être une chose scellée par la nature, coté mystique. comme quoi, dans certains sphère, c’est la mort d’un dieu qui permet à un autre de sieger. Et voilà, depuis, l’Argentin a Léonel Messi.
Haïti aussi semble avoir sa propre figure mythique, en ce qui concerne les luttes populaire ou pour la révolution. les luttes contre les Duvalier, n’ont pas été stoppé même apres le départ de Jean-Claude. Ça a continué, jusqu’a donné le mouvement des Ti Komite Legliz ” TKL” qu’a ouvert la voie à Lavalas et porté Jean-Bertrand Aristide, dit Titide, ancien prêtre de Saint-Jean Bosco, natif du sud d’Haïti, au sommet de l’État. Président à deux reprises (1991, 1994-1996, 2001-2004), Aristide devint le symbole des espoirs populaires.

Dans ses campagnes, il se présentait comme « l’homme du petit peuple », en rupture avec la classe politique. Sa popularité fut immense, au point de l’ériger en messie du temps moderne, une goutte d’eau tant attendue depuis la mort de l’Empereur.
Dès son premier mandat, il fut victime d’un coup d’État en septembre 1991. Durant trois longues années d’exil, le peuple haïtien ne cessa de lutter pour dénoncer ce coup d’état, réclamer son retour au pouvoir. Après beaucoup de morts, tant de tortures, une multitudes de souffrances…Le peuple a eu le gain de sa cause. peu importe les conditions ou la manière de faire, en octobre 1994, Titide est de retour. C’est pour la première fois qu’en Haïti, un président est parti en exil, pour ensuite retourner au pouvoir.

Le méringue carnavalesque de Koudjay en 1996
” Sa pa fè anyen si pè a pa sou chèz la
Nou pèdi 3zan
N ap tire 5kan nan dada kokorat yo “
rappelaient que René Préval poursuivrait l’œuvre de Lavalas. Aristide demeurait alors la figure centrale des luttes populaires, soutenu par les ghettos et une grande partie de la haute société, les paysans, etc. En 2001, il reprit le pouvoir, mais cette fois dans un contexte plus conflictuel, avec de nombreux opposants. Pas de question de tout le monde à bord.
Mais, Ses partisans se mobilisaient sans relâche pour protéger son régime, dans le souci d’éviter de subir un autre revers comme celui du 30 septembre 91.

Le 29 février 2004: but contre Aristide, les Aristidiens, les fanatiques dans des bidonvilles ont encore reçoit un gifle ronflant. Titide fut renversé une seconde fois. Et cette fois, les ennemis, France et USA, n’ont pas appuyé sur la main d’oeuvre local pour venir arracher ce dernier sur le trône, sans cagoulé les Etats-unis, un pays jadis Titide appelé pays ami, est venu lui même le chercher. Lavalas reçut un coup dur, et le peuple haïtien perdit son leader charismatique.
De retour encore une fois en Haïti en 2011, depuis, Aristide adopta un profil bas, se consacrant à l’éducation.
Est ce par choix ou c’est pour répondre donc à une condition ?
Mais, une chose est sure, Depuis, les grandes mobilisations populaires ont disparu. Les mouvements PetroCaribe, les protestations contre Michel Martelly, Jovenel Moïse ou Ariel Henry n’ont pas eu l’impact des luttes menées pour Aristide. Même la fameuse solidarisation pour le canal, ce conflit haïtianodominicain… N’a pu s’enchainer pour accoucher une révolte.

Aujourd’hui, Haïti fait face à des défis majeurs : gangs armés, ingérences étrangères, la misère bat son plein…
absence de leadership et de discours fédérateur.
On dirait que le peuple s’est habitué à vivre sous les décombres, dans la souffrance et le désarroi, cherchant malgré tout, comme Aristide à Tabarre, à expérimenter un bonheur fragile sous un ciel assombri.

Qu’est-ce qui se passe, filles et fils de Dessalines ?
Comme le chantent les Frères Parent : « Se pa pou sa n te batay… »

Sommes-nous satisfaire ou fier de notre Haïti, telle qu’elle est aujourd’hui?

BWA PIWO

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