Un prix de l’Académie française à la saveur de Goncourt : Yanick Lahens, écrivaine haïtienne, superstar des réseaux sociaux

Il faut bien que les gens sachent dès le départ que les plus grands prix littéraires français, décernés chaque automne, sont dominés par un quinté majeur :
Goncourt
Renaudot
Femina
Médicis
Interallié

Marcher avec le temps, c’est parfois sautiller à certains carrefours. L’histoire d’Internet, née dans les années 1960, a progressivement conduit à la création du « réseau des réseaux », aujourd’hui la plus vaste plateforme d’échanges au monde. Tout y est, et presque tout le monde y est connecté. Dans ce temps dominé par l’audience numérique et les algorithmes, une auteure haïtienne issue de la vieille école s’est imposée comme une figure moderne : Yanick Lahens, née le 22 décembre 1953 à Port-au-Prince.

En 2025, son roman Passagères de nuit a figuré dans les premières et deuxièmes sélections du Prix Goncourt, sans décrocher la récompense suprême. Haïti a donc manqué ce rêve littéraire, mais il faut rappeler :
Louis-Philippe Dalembert a remporté le Prix Goncourt de la poésie en 2024 pour l’ensemble de son œuvre.

Makenzy Orcel fut finaliste du Goncourt 2022 et lauréat du Goncourt des lecteurs américains en 2024 avec Une somme humaine. Finalement, Passagères de nuit a été couronné par le Prix de l’Académie française du roman. Une distinction importante, même si elle n’a pas la même aura médiatique que le Goncourt ou le Femina (que Lahens avait déjà remporté en 2014 avec Bain de lune).

Ce prix a déclenché une véritable effervescence numérique : pendant des semaines, le nom et le visage de Yanick Lahens ont été likés, commentés, partagés. Elle-même s’est dite stupéfaite de cette popularité soudaine, née de l’alliance entre littérature et audience digitale.

Dans un pays marqué par une crise politique et sociale profonde, où les espaces de savoir et de rencontre sont souvent détruits ou désertés, la littérature devient un souffle vital. Passagères de nuit incarne cette résistance : un livre qui voyage malgré les obstacles, offrant aux lecteurs haïtiens une nourriture spirituelle aussi nécessaire que la paix et la sérénité.

Le prix de l’Académie française 2025 attribué à Yanick Lahens montre que les réseaux sociaux peuvent être un canal puissant d’instruction, d’éducation et d’épanouissement pour la jeunesse haïtienne. À condition de les orienter et de les accompagner, ils deviennent des fenêtres ouvertes quand les portes semblent closes.

BWA PIWO

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