Ayibobo! pour ces femmes qui ont fait bouger l’histoire. Par leurs écrits, leurs combats politiques, leur courage et leur engagement, elles ont transformé durablement la place des femmes dans nos sociétés.
- Aux pionnières venues ailleurs : D’Olympe de Gouges, Hubertine Auclert, Marguerite Durand, Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi et Simone Veil,
Wangari Maathai, Alice Milliat… leurs voix ont ouvert des chemins d’égalité. - Elles résonnent aussi avec celles de grandes figures haïtiennes : les sœurs Sylvain, Magalie Marcelin, Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan, Carole Pierre-Paul, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, Danielle St-Lot, Danièle et Nadine Magloire… qui ont porté la lutte pour les droits et la dignité des femmes.
- À leurs côtés se dressent des femmes de courage et de mémoire, telles : Louise de Bettignies, Marie Curie, Édith Cavell, Émilienne Moreau-Évrard, Sanite Bélair, Marie-Jeanne Lamartinière, Catherine Flon, Victoria Montou… Militantes, résistantes, intellectuelles ou pionnières, elles nous rappellent que chaque droit conquis est le fruit d’une bataille et que l’histoire des femmes est avant tout une histoire de luttes et de victoires.
En Haïti, on dit : « Libète yo pa ba w sa, se pran pou w pran l ». Pendant longtemps, notamment au Moyen Âge, la figure féminine a été confinée à un rôle réduit dans la société, éloignée des grandes affaires publiques. Mais le temps a fait son œuvre. Depuis 1977, le monde entier célèbre le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. héritage des mouvements ouvriers et féministes du début du XXe siècle en Amérique du Nord et en Europe, qui réclamaient de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Comme le rappellent les proverbes haïtiens :
Isiba pa g anyen k fasil .
Lemonn pa janmen fè kado
Lè pwoblèm yo monte anwo
Fòk ou fè moral ou byen wo
Pou demen w pa tonbe nan dlo
Quelques lignes de la chanson – N ap viv – du groupe Mass Konpa, pour rappeller aux filles et aux femmes d’Haïti de continuer à lutter pour leurs droits et leur liberté. Il y a des mouvements féministes qui dénoncent sans relâche le patriarcat. mais, il ne faut jamais imaginer que cette lutte doit se faire sans aucune résistance. Et aussi, n’allez pas croire qu’ il n’y a pas guerre aussi sur la scène des hommes. La vie reste une bataille sur tous les fronts. Même étant exceller dans un domaine quelconque, ne garantit pas la place que l’on mérite.
Bravo donc aux femmes haïtiennes qui ont combattu et travaillé pour obtenir leurs droits!
Mais il est impératif de poursuivre ces batailles. Idéalement, toutes les luttes humaines devraient s’inscrire sous l’étiquette de l’humanisme, afin de ne pas fragiliser la société. plutôt que de se diviser en groupes qui cherchent chacun à attirer le plus grand nombre à leur cause. Même si ces petits groupes peuvent sembler justifier le conflit, il ne faut jamais oublier que nous sommes tous ici pour construire la vie.
Pour moi, l’idée d’un quota minimum de 30 % pour les femmes reste pertinente et nécessaire, mais un peu dévalorisant par rapport aux efforts conjugués jadis, par des féministes.
Filles et femmes d’Haïti, l’heure de prendre pleinement vos places, sonne.
Il est fréquent de voir un homme à la tête d’un groupe composé uniquement de femmes, comme dans le football féminin, par exemple. Pourquoi cette logique ne pourrait-elle pas s’inverser ?
Une fille ou une femme capable devrait pouvoir démontrer ses compétences, seule, au milieu des garçons.

La méritocratie ne doit jamais se fonder sur des faveurs octroyées d’avance : seule la compétence et l’engagement doivent déterminer qui occupe les fonctions dans la société.
Un mouvement féministe efficace doit combler des lacunes cruciales chez les filles :
- les pousser vers l’excellence intellectuelle,
- les aider à développer leur autonomie financière et personnelle,
- leur proposer des disciplines de renforcement physique, comme les arts martiaux.
Une société avec des femmes ainsi équilibrées serait plus juste et plus harmonieuse.
En Haïti, l’exemple de la femme au foyer montre combien les femmes sont capables : gérer la maison, s’occuper des enfants, chanter, cuisiner, et encore disposer d’énergie pour le lit conjugal…
Si elles appliquent ces forces et qualités à la vie publique, ne seraient-elles pas dix fois plus capables que beaucoup de garçons ?
Les réseaux sociaux et la littérature offrent des modèles inspirants : Women’s Land.
le village exclusivement féminin au Kenya. ou encore, Femmes au pouvoir, ils n’ont rien à dire.
Et sur la scène internationale, des femmes brillent également :
- Théodora : révélation musicale de l’année aux Victoires de la Musique 2026 avec quatre trophées.
- Olivia Dean : quatre Brit Awards 2026, dont meilleur album.
- Beyoncé : recordwoman des Grammy Awards avec 28 victoires.
- Prix Nobel 2023 : Claudia Goldin (économie), Narges Mohammadi (paix), Anne L’Huillier (physique) et Katalin Karikó (médecine).
- Anne Cullerre : première vice-amirale de la Marine Nationale.
- Melchie Dumornay, surnommée Corventina, illumine le football féminin.
- Yanick Lahens, avec son roman, Passagères de nuit, domine la littérature francophone en Haïti.
Ces exemples montrent que les filles sont amplement fortes et capables. Comme le rappelle le groupe – Haïti Cœur de Femme : Nou gen fòs.
Pour prolonger cette réflexion, je recommande le livre Les jupes-culottes de Françoise Dorin, qui explore avec finesse la place et les postures des femmes dans la société.
Mesdames, l’heure est venue de briser la glace et d’assurer pleinement vos responsabilités dans la société.