En s’appuyant sur l’article de Jérôme Latta paru dans Le Monde le 15 octobre 2025, qui réfléchit au vocabulaire de la défaite, on peut retenir la définition proposée par l’ intelligence artificielle: une « défaite victorieuse » est un paradoxe où l’échec immédiat (militaire, politique ou sportif) prépare une victoire future, renforce la cohésion ou possède une valeur symbolique supérieure à une victoire réelle. C’est un revers qui permet d’apprendre, de s’endurcir ou de transformer une perte en avantage moral durable.
À quelques mois de la phase finale de la Coupe du monde de football 2026, la sélection haïtienne s’est réunie dans une perspective de cohésion et de mise en place d’une philosophie de jeu (choix tactiques et techniques, dynamique de groupe…). Depuis Toronto, Canada, l’un des pays hôtes de cette Coupe du monde, l’équipe a affronté la Tunisie, nation africaine familière dans l’imaginaire caribéen. Le match s’est soldé par une défaite des Grenadiers sur le score de 0-1.
Une défaite reste une perte, certes. Mais comme le dit le proverbe : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. » Philosophiquement, chaque revers prépare à la victoire. On apprend davantage par l’échec que par le succès, comme le souligne le proverbe japonais : « On apprend peu par la victoire, mais beaucoup par la défaite. » tout en vous rappelant que je ne suis pas en train de vous faire l’apologie de la souffrance.
La défaite d’Haïti contre la Tunisie, le 28 mars 2026, a laissé des leçons précieuses que le sélectionneur, Sébastien Migné, technicien français de 53 ans, pourra exploiter pour projeter ses joueurs dans ce championnat d’été grand format.

Depuis l’époque de Jorge Castelli, entraîneur argentin qui avait dirigé l’équipe entre 2001 et 2002 et mené Haïti à une victoire historique 2-0 contre l’Équateur en Gold Cup, rares sont les périodes où la sélection nationale a montré une telle qualité dans la circulation du ballon, une assurance défensive dans ses sorties et un football équilibré, capable d’attaquer sur les deux ailes et de pénétrer entre les lignes. Le but encaissé est d’ailleurs venu d’une perte de balle au milieu, suivie d’une contre-attaque rapide, la défense haute n’ayant pas eu le temps de se réorganiser pour faire le bloc de zone, ou mettre hors jeu le receveur…
La question demeure : cette physionomie de ce match là peut-elle se reproduire face au Brésil, au Maroc ou à l’Écosse, ses adversaires du groupe C ? L’avenir nous le dira. Il est probable que contre le Maroc et le Brésil, la tâche soit plus ardue, mais face à l’Écosse, si l’équipe maintient cette qualité de jeu, elle pourrait surprendre.
Certains points clés restent à travailler. Par exemple, l’attaque : si Pierrot évolue en pointe, il faut une organisation adaptée à ses qualités, notamment des centres pour exploiter son jeu aérien. Avec Nazon et Isidor, comme en seconde période, il faudra développer une symbiose, à l’image du duo Bebeto-Romario en 1994. Pierrot, par sa taille et sa puissance, peut rester une présence constante dans les 16-25 mètres adverses, mais Nazon et Isidor doivent apprendre à se compléter dans leurs déplacements.

Autre aspect : la condition physique. Pour soutenir un tel jeu de passes rapides et un pressing de zone efficace, demandent à ce que les joueurs doivent être au sommet de leur forme. Le cas de Bellegarde illustre bien cette exigence : malgré son activité et sa couverture d’espaces, il n’a pas pu mettre ses passes lumineuses au service de ses coéquipiers dans ce rythme intense. Il a été un peu dénaturé.
Comme le chante Zenglen dans Rezilta :
« Byen jwe, se jwe pou w genyen. ».
Le résultat reste la finalité d’un duel. Mais certaines défaites, loin d’être des humiliations, révèlent des prouesses et nourrissent l’espoir.
Dans le foot comme dans la vie, un simple petit détail peut changer le coup d’un travail. Haïti a encaissé un but durant le « round d’observation » et a manqué l’égalisation de peu : Pierrot a raté deux occasions, et Nazon a vu sa tête en fin de match, frôler le poteau droit du goalkeeper. Les Tunisiens ont souffert face aux Grenadiers, surtout en seconde période, preuve que cette équipe a montré du potentiel.