Rap & violences en Haïti

L’acronyme ” Rap ” défini : Rhythm and Poetry (rythme et poésie).
Bien que populaire, cette définition n’est pas l’origine étymologique du mot, qui provient plutôt de l’argot américain « to rap » signifiant : bavarder, blâmer.

Dans le biff médiatique opposant l’ex-sénateur et chanteur Jacques S. Jean, et les alliés, adeptes du rap, dont les artistes : Ricardo Boucher, K-Lib, Blaze One, Fantom, et j’en passe…
Je suis du côté de la dialectique de la chose. J’apporte mes oreilles avec joie pour auditionner les chevauchées intellectuelles comme les interventions de K-Lib et de Boucher. Ainsi, par rapport exactement à l’intervention de Ricardo, j’ai l’intention de placer quelques mots.
Déjà, il commence par ce questionnement : èske rap gen rapò avèk zak vyolans yo nan peyi a ?
Pour étaler ses mots sur la face chaude d’une intelligence académiquo-culturelle. Il est du monde de l’intelligibilité, le type. Ewa !

Mais, « À malin, malin et demi », comme dit Jean de La Fontaine.
Je trouve « bèl fanm se bèl malè », dixit Maurice Sixto, dans Ticanm.
L’arme de la dialectique est parfois une trousse de bluff pour amadouer les gens. Comme dans le texte – Ce que parler veut dire, de Pierre Bourdieu ; Ricardo Boucher a utilisé des références livresques, telles que Edgar Allan Poe, et d’autres, pour asseoir l’autorité de ses propos. Comme c’est wow quand on en a de la culture, franchement. Mais, lol, il existe toujours des – manzè Sandrine, qui ne se laisseront pas ébranler pour autant (mwen konn poukisa ou kenbe bwat fransè sirèt sa wi ki bò bouch ou an : se pou w kapab pete moun… bay moun yon bwa long kenbe), telle est une petite discussion entre elle et Zabèlbök, dans l’odyans de Sixto.
Ricardo ne voulait pas paraître cet adepte plat qui veut prendre parti pour le rap comme le font certains rappeurs populaires du game.
Ou peut-être, tout le monde peut se tromper, il a mélangé ses pinceaux.

À la question : est-ce que le rap est maître de cérémonie du climat de violence qui bat son plein sur la République ?
Je reviens plus tard pour développer ma réponse qui est celle-ci : non et non. Et oui, il a sa touche comme élément populaire.
Et c’est bel et bien sur cette notion de popularité que je trouve la démarche de Ricardo nettement audacieuse, et source de préoccupation, parce qu’il a fait la comparaison entre la littérature, via les écrits de Poe, avec le rap, qui en outre, est dans une double dimension plus efficace et rapide.

  • Cher mister Ricardo, connaissez-vous un littéraire méga star ?
  • Cher brother Boucher, pouvez-vous me citer 10 de vos rappeurs préférés que vous avez la certitude que la majorité de vos contemporains ne connaissent pas ?
    L’impact d’un artiste populaire se mesure par sa capacité à influencer la culture, les comportements et les émotions à grande échelle. Certes, Edgar Allan Poe a influencé le monde culturel bourgeois-classique, en l’occurrence ses œuvres ont été adaptées même au cinéma. Mais cela ne veut pas dire qu’il est aussi connu dans le monde tel qu’un artiste rappeur qui a des tubes. Le rap étant déjà une production artistique orale, ça va plus loin et plus vite dans les tympans, descend dans le cœur. Et une fois que les lyrics de l’artiste arrivent sur le plateau des auditeurs, ils ont tendance à devenir un élément prépondérant de la scène de vie de ces gens-là. N’en parlons pas, si ce dernier a des clips vidéos qui roulent en boucle sur la toile. La distanciation entre ce que chante l’artiste et ce qu’il est comme personne ne compte que dalle. L’émotion qui reçoit son message s’en fout pas mal de ce détail-là.
    Ronaldinho et Lionel Messi, deux footballeurs sud-américains, amis, issus de deux pays qui s’engueulent sur le plan sportif… Les fanatiques s’en fichent de leurs rapports, ils se querellent à chaque occasion pour défendre leur camp.
    Idem pour Top Adlerman, le rappeur de l’Original Rap Staff (ORS), qui dit que Black Alex, du groupe King Posse, était l’un de ses meilleurs amis… Cela n’a pas égratigné le biff sans violence des fanatiques dans le temps, contrairement à celui de Barikad Crew et Rockfam Lame a.
    La société, rappelez-vous toujours de l’exhortation du poète Jacques Prévert : « Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes »

Pourquoi tant de chamailles à propos de la violence ?
Voyons un peu ce que dit “IA” sur la question :
• La violence est l’utilisation intentionnelle de la force physique ou de la puissance, sous forme de menaces ou d’actes réels, contre soi-même, une autre personne ou un groupe, entraînant ou risquant d’entraîner des traumatismes, des dommages psychologiques ou la mort. Elle prend des formes physiques, sexuelles, psychologiques, économiques ou structurelles, souvent enracinées dans des inégalités sociales.

Vous voyez, je ne suis pas totalement d’accord avec “IA” parce qu’il dit : utilisation intentionnelle ; que fait-on alors de « nul n’est méchant volontairement », de Socrate ou même de Jacques S. Alexis ?
La violence est d’abord une manifestation naturelle chez l’humain, provoquée par des situations / facteurs x ou y fort souvent.
C’est quelque chose qui loge chez tout le monde.

  • Le Parlement turc est coutumier des empoignades entre élus, mais la violence de la bagarre à coups de pied et de poing qui s’y est déroulée le mardi 11 février 2026 a marqué les esprits. Les élus du principal parti d’opposition, le CHP (laïc et nationaliste), avaient tenté de protester contre la nomination au poste de ministre de la Justice du procureur général d’Istanbul, Akin Gürlek.
    Nous raconte : Courrier International.

Qui plus est, il existe diverses formes de violences. Alors, non, le rap n’est pas la principale cause de la violence en Haïti. Toutes les formes de violences qu’on indexe au temps du rap en Haïti existaient bel et bien déjà dans la cité.

  • a) Zin avec Alan Cavé chantant : Nan nannan, ou fait le clip vidéo : Kwele kwekwe… Ce furent déjà des mots et des gestes non conformes à l’éducation, morale chrétienne établie ici.
  • b) Fédia Laguerre chante Haïti Nouvelle – Operasyon Dechoukaj : Fó Yo Vin-n Jugé (1986). Il y a autant de mots violents autorisés à cette époque dans cette musique-là.
  • c) Avant même l’éclosion du mouvement rap dans le pays, les Zenglendo (thème instauré par Sonny de la radio Kiskeya) faisaient des pluies de violences dans l’île. Et Cité Soleil connaissait déjà des troubles venant des hommes armés, dont un certain gang dénommé Lame wouj, faisait des pleurs et des grincements de dents dans la capitale…

Mais, est-ce que le rap dans son expansion n’ajoute pas du bois dans ce feu ardent ? Oui, il l’a grandement fait.
Déjà avec King Posse, Le méchant innocent, qui a participé inconsciemment à donner le marché de la mode aux fabricants étrangers, particulièrement les marques américaines… Un contemporain peut seulement se souvenir de l’impact de la musique – Bòt la, de ce groupe dans les villes d’Haïti.

Tout nèg vle fre
Chyen grangou sa pa jwe
Pa gen travay
Jenn bway nan kase kay
Mwen konprann poukisa : Potopwens mafia

Nous chante le groupe Masters, top des grands maîtres. C’est aussi lui-même qui bannit le SIDA, faisant la promotion du libertinage sexuel à travers son titre : Don MC.
À ma connaissance, en miniature, le gangster rap a débuté avec Shaka Dreams : Men kou.
Mais, vraiment, ça n’a mis aucun feu.
Plus tard, le fameux duel DBA vs BBC / mouchoir noir vs rouge, ça a vraiment fait couler de l’encre et laissé des traces. Aujourd’hui, l’un des chefs de gangs les plus renommés en Haïti porte le nom de son rappeur préféré Izo – Izolan.
On peut aussi ajouter les nombreuses sorties et actualités de Fantom, le rappeur le plus prolifique du game. Combien son comportement, ses actes, ses propos sont souvent dénudés et perturbateurs.

  • Bay kou bliye, pote mak sonje
    ainsi dit le proverbe. Voilà pourquoi :
    La « violence amène la violence » est un principe fondamental décrivant le cycle vicieux où un acte violent en engendre de nouveaux, propageant la haine et la destruction. Cette dynamique sociale et psychologique est souvent une réaction en chaîne.

BWA PIWO

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