Quand Harold Domond, Roberto De-Jean et d’autres décident, pendant une mi-temps avec de la prolongation, d’affronter la mort sur le terrain bleu… C’est réellement du : lòt nivo, lòt nivo, lòt nivo

Il semble évident que La bouteille à la mer de Nicholas Sparks voyageait mieux que des humains en mode Kirikou, osant traverser un bout de ciel à l’autre pour atteindre La Gonâve.

Dimanche 24 mai 2026, à Pointe-à-Raquette, La Gonâve. Jour J de la finale de football opposant – le Lycée National au Collège Saint-Louis, de la commune. Un tournoi interscolaire organisé par le Comité des citoyens réservés (CCR) dont le docteur Jimny Fort, l’ôte qui a fait appel à Domond (Dyaz peyi a) pour être le chroniqueur principal de l’événement. Il a également sollicité Roberto pour lui servir d’« yeux de dieu » sur place, afin de traduire avec des mots tout ce qui allait se passer lors de cette manifestation sportive et culturelle.

  • J’affirme et j’assume : voyager en haute mer dans un bateau peu réglementé, tel que cette petite embarcation appelée Yacht ici… c’est la pire des manières de jouer avec la mort sur un terrain pas si neutre qu’il devrait l’être.
    Sur la mer, aucune intersection ni signalisation. Pas de pause café ni d’hygiène. Rien ne vous rappelle que vous êtes encore un être humain civilisé, en contact intelligent avec cette nature qui abrite la vie.

Pas celui de la SEMANAH, mais oui, le numéro de téléphone direct du loas Legba devrait être à la portée de tous ceux qui, comme Domond et moi, sont assez fous pour décider de voyager par la mer.

Départ : 9h52 am. Arrivée : 11h am. Le voyage n’a pas duré longtemps, mais mon cœur, lui, a souffert. C’était ma toute première fois. J’ai souvent vu à la télé des films de naufrages. En Haïti, c’est monnaie courante de perdre des vies dans des voyages comme celui-ci. Une fois sur place, en observant de près les conditions de voyage, il est clair que les mesures nécessaires sont prises à moitié. Imaginez : sans appareil de communication à la portée du conducteur et de ses compagnons, si ce petit bateau avait un incident impossible à résoudre sur place… comment appeler au secours sous ce ciel immense, semblable à un douanier surveillant les conteneurs au port ?

Depuis Miragoâne, je n’ai cessé de voir ce ciel en cinq façades (derrière, en haut, à gauche, à droite, devant). La dame assise à côté de moi, sûrement pour me remonter le moral, me dit : « Tu ne vois pas la montagne ? Dans quelques minutes, on y sera… » Mais moi, derrière mes lunettes, je ne voyais rien de ce qu’elle disait. Le ciel restait statique, marchant en reculant, nous appelant à le rattraper.
Hum, quand même, il y a toujours une fin à toutes choses. Nous voilà au port d’arrivée. Des gens, surtout la presse et des jeunes en T-shirts avec des écriteaux Bienvenue Harold Domond à La Gonâve attendaient. Une fois les pieds posés à terre, on laisse tout cela derrière soi. En effet, on veut accorder beaucoup plus d’importance à l’existence humaine.

Et voilà, Jimmy Fort, le vieux de la cité de Lumane Casimir, dit Fort-Saint-Clair, comme moi, a réussi son pari : Harold Domond, en vedette, vient donc pour donner du ” lòt nivo” à la manière dont ces mordus du foot du terroir ont l’habitude de faire leur show.

BWA PIWO

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