L’artiste portoricain Bad Bunny nous l’a rappelé : l’Amérique est un continent composé de 35 pays, répartis entre l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale, les Caraïbes et l’Amérique du Sud.
Contrairement au slogan de la doctrine Monroe de 1823 — « L’Amérique aux Américains » — qui servait à justifier l’hégémonie des États-Unis dans l’hémisphère occidental, Bad Bunny a choisi une autre voie.
Être humaniste, dans ce monde devenu jungle, semble aujourd’hui synonyme de suicide aux yeux des puissants. Pourtant, le dimanche 8 février 2026, lors de la mi-temps du 60e Super Bowl, le chanteur portoricain de 31 ans a livré une performance de 13 minutes qui restera dans l’histoire.
« The only thing more powerful than hate is love » — La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour — a-t-il déclaré, transformant un spectacle de divertissement en tribune de dénonciation contre les ingérences américaines sur le continent.
Son courage rappelle celui de figures comme :
• Jean-Baptiste, qui osa dire au roi Hérode : Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère.
• Ernesto “Che” Guevara : Soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde.
• Nelson Mandela : Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre.
• Jean-Jacques Dessalines : Prêtez le serment de vivre libre et indépendant, et de préférer la mort à tout ce qui tendrait à vous remettre sous le joug.
• Frida Kahlo : Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée.
Autant de voix qui résonnent dans l’acte de Bad Bunny : sur le territoire des Yankees, il a osé transformer un terrain de spectacle en espace de vérité.
Cela me rappelle les paroles de Dieudonné Larose dans Guantanamo : Poukisa n oblije posede yon drapo, lòt nasyon meprize l, li pa janm gen respè
Aujourd’hui, dans un monde où les puissants s’autorisent même à kidnapper des présidents en fonction, comme Nicolas Maduro au Venezuela, qu’est-ce qui empêcherait qu’un artiste soit réduit au silence pour avoir dénoncé l’injustice ?
Bad Bunny sait les risques. Mais il a choisi de faire de son art un canal pour dire au monde ce qu’il pense de l’humanité, et surtout de son continent. Comme Kirikou, il prouve que la peur n’empêche pas de faire ce qui est juste.
N’est-ce pas un appel lancé à tous les créateurs, pour qu’ils se regardent dans le miroir de l’humanisme et se demandent : Sommes-nous encore des humains, à travers ce que nous produisons ?
Haïti, elle, vit sous les ordures depuis trop longtemps. Les gangs armés étouffent la vie, et l’existence ressemble à l’enfer. Nos artistes, que chantent-ils face à cela ? Pourquoi tant de tumulte pour accéder au pouvoir, dans l’unique but de s’enrichir ? Où sont les pétitions, les sit-in, les protestations contre la main blanche trop présente dans notre gouvernance ?
Être humaniste, c’est adopter une vision du monde qui place l’être humain, sa dignité et son épanouissement au centre. Ce soir-là, Bad Bunny a lancé un assaut symbolique. Haïti et le monde ont besoin de cette voix, pour rappeler aux insensés que la vie sur Terre nous appartient à tous, et que nous devons la vivre comme des humains.