Depuis des années, la génération des années 2000 fait parler d’elle aux quatre coins du monde. Leur énergie impose une image positive d’Haïti. Et cela ne s’arrête pas là : nous nous rendons au Lycée Toussaint Louverture pour découvrir le jeune photographe et artiste Spencer Orphée. Durant son séjour dans cet établissement, il a rêvé puis donné naissance à son premier projet intitulé « Pranl O Serye ».
Le but était de mettre en lumière les lycéens, trop souvent considérés comme des « moins que rien » dans la société haïtienne. Ce qu’il cherchait se trouvait dans son environnement : il avait de nombreux amis dans d’autres lycées tels que le Lycée Marie-Jeanne, le Lycée Anténor Firmin ou encore le Lycée des Jeunes Filles. Il observait le dévouement de ces élèves lors des activités socio-culturelles, découvrait des talents cachés et vivait des moments forts qui l’inspiraient. « Ces inspirations me montaient à la tête », confie Spencer Orphée à la rédaction de Wosinyol.Info.
L’artiste et photographe s’est posé lui-même la question avant d’y répondre, conscient que l’avenir reste toujours un grand défi pour celui qui veut se construire. « L’avenir est un espace d’incertitude, il faut savoir saisir les opportunités et faire face aux obstacles », explique-t-il. Et d’ajouter : « Nou tout konsène pou yon demen, sak pi gran yo dwe fè chemen pou sa k ap vin yo ».
En effet, le projet Pranl O Serye a déjà sorti son premier morceau intitulé « Nou se Avni ». Plusieurs lycéens y prêtent leur voix pour prêcher l’amour, le partage, la fraternité et le vivre-ensemble, sans discrimination.
Le travail n’a pas été facile, selon l’artiste. Il était souvent difficile de joindre les participants par téléphone. Avec l’insécurité dans la capitale, la majorité des jeunes artistes habitaient dans des zones ciblées par des bandits. Mais ils ont persévéré, car ce qu’ils faisaient n’était pas seulement de la musique : c’était aussi de la passion et de l’amour.
« Aider ceux qui ont du talent mais restent dans l’ombre à cause de l’incapacité économique, voilà le but du projet Pranl O Serye. »