« On connaît ces équipes-là, elles perdent leur structure tactique vers la fin du match. On savait aussi qu’à 2-0, ils feraient tout pour protéger leur but, ce qui est à mon avis une grave erreur. Rappelez-moi, quand on mènera 2-0, de ne pas faire ça », a lancé l’ancien entraîneur de Lyon. Ce sélectionneur français, Rudy Garcia, prêté par de l’argent par la Belgique, parle-t-il tout simplement de sport / football avec une telle déclaration ?
La remontée au score pour faire match nul ou gagner, ce sont des choses très répétitives dans le football : la remontada. C’est ainsi qu’on surnomme cette réaction-là. Quelques exemples de cette particularité :
• Ligue des Champions (2005) : AC Milan vs Liverpool. À la mi-temps, Milan mène 3-0 et semble se diriger vers une victoire facile. Exploit : en seconde période, Liverpool marque 3 buts en 6 minutes pour égaliser à 3-3. Les Reds finissent par remporter la coupe aux tirs au but.
• Huitième de finale de la Ligue des Champions (2017) : FC Barcelone vs Paris Saint-Germain. Le PSG avait gagné le match aller 4-0. Au retour, le Barça doit réaliser l’impossible. Le Barça mène 3-0, mais le PSG marque un but, forçant Barcelone à en marquer 3 de plus. Les Blaugranas l’emportent finalement 6-1, avec le but décisif inscrit à la 95e minute.
• La célèbre citation de Gary Lineker : « Le football est un jeu simple. Vingt-deux hommes courent après un ballon pendant 90 minutes, et à la fin, les Allemands gagnent toujours. » Il a prononcé cette maxime historique à l’issue de la demi-finale de la Coupe du monde 1990 opposant l’Angleterre à l’Allemagne de l’Ouest le 4 juillet 1990. Lors de ce match épique conclu sur un score de 1-1, l’Angleterre avait fini par s’incliner aux tirs au but.
• Finale Coupe des Confédérations (2009) : Brésil vs USA. Victoire 3-2 contre les États-Unis qui menaient 2-0 (en Afrique du Sud).
J’étais devant mon écran, accompagné d’amis, en train de regarder le match, qui ne paraissait pas si intéressant tant il manquait d’intensité, surtout du côté de l’équipe belge qui avait l’air d’un vieux chiffon décrépit. Entre deux handicaps, la borgne a eu deux fois le bon coup de raison sur l’aveugle : les Sénégalais ont marqué à deux reprises.
En football, « faire le break » signifie marquer un deuxième but d’avance sur l’adversaire (par exemple, passer de 1-0 à 2-0). Cette situation permet à l’équipe qui mène de s’offrir un avantage décisif et de se mettre à l’abri d’une égalisation rapide de l’adversaire. Au vu de la physionomie du match, personne n’aurait pu imaginer que cette équipe belge-là pourrait arriver à basculer le match jusqu’à le gagner 3-2. Mais un match de football, surtout dans les grandes compétitions comme la Coupe du monde, n’est jamais gagné d’avance, ni ne met une équipe à l’abri parce qu’elle mène au score. Il faut toujours faire preuve d’humilité et d’attention jusqu’au coup de sifflet final, peu importe le déroulement de la rencontre. Souvenez-vous de la finale de 2022 entre l’Argentine et la France !
La sagesse du terrain en football est comme cette célèbre fable popularisée par Jean de La Fontaine : l’excès de confiance est l’ennemi numéro un. Mener au score à la mi-temps ou dominer la possession ne garantit pas la victoire. L’adversaire en difficulté peut renverser le match sur une seule action, et mentalement, cela le réveille, lui donne un booster, ce qui peut être l’inverse pour vous. Célébrer une qualification avant qu’elle ne soit mathématiquement acquise, comme l’a semblé faire l’équipe sénégalaise en menant 2-0, est très souvent une cruelle illusion qui mène à une issue appelée désillusion.
Mais, par-dessus ou par-dessous tout cela, quand après le match le coach blanc français à la tête de l’équipe belge sort cette phrase-là : « On connaît ces équipes-là… », il voulait donc faire allusion à toutes ces équipes de foot / sélections et clubs qui ont déjà subi cette sanction de remontada. Ou, diablement, son index pointe directement et clairement les équipes africaines noires, une façon de redonner vie aux conneries et aberrations occidentales : les Blancs seraient supérieurs aux Noirs, comme les Noirs aux singes.
En 1785, François-Marie Arouet, dit Voltaire, écrivait déjà de telles inepties. À ce con de Rudi, il faut donc apporter la fameuse critique éclairée d’Anténor Firmin dans De l’égalité des races humaines, où il rappelle la grandeur de l’Égypte antique et souligne que la civilisation occidentale tire une grande partie de ses fondements intellectuels et culturels de cette région, réfutant ainsi l’idée de l’infériorité de la race noire.