Il fallait le tiki-taka de l’Espagne pour rappeler à Lionel Messi que, à 39 ans, l’heure de la retraite a sonné

Messi n’était qu’à une coudée de faire mieux que Diego Armando Maradona. La sélection argentine, finaliste en 1986 et 1990, a réitéré cet exploit au XXIᵉ siècle : en 2022 et en 2026. Dommage pour l’Albiceleste : cette fois, en finale, l’adversaire fut beaucoup trop fort. 116 minutes de jeu (90 minutes de temps réglementaire plus 26 minutes de prolongation) sans la moindre frappe vers le camp espagnol pour les poulains de Lionel Scaloni.

« J’aurais aimé ne pas être le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde et jouer la finale plutôt que la petite finale », déclara Kylian Mbappé après la défaite contre l’Angleterre (4-6).
Un fragment que l’on peut considérer comme un jet de lumière, taillé sur mesure pour rappeler l’essentiel : à quoi bon de marquer beaucoup de buts ou de réaliser de belles performances si, au final, votre équipe ne remporte pas le trophée ?

L’Espagne, avec son jeu de position et son football de possession, cette philosophie de l’élaboration, en l’occurrence le tiki-taka, demeure maître et dominateur du monde du ballon rond. Ce dimanche 19 juillet 2026, lors de la finale contre l’Argentine, tout fut limpide : le tiki-taka n’a pas de rival. La victoire 1-0 face à l’Argentine permit à l’équipe de décrocher le titre de meilleure défense du tournoi, n’encaissant qu’un seul but en huit rencontres disputées. Elle accumule désormais 38 matchs sans défaite. Une troisième finale consécutive :

  • Euro 2024, face à l’Angleterre (victoire 2-1)
  • Ligue des Nations 2025, match nul 2-2 contre le Portugal (défaite aux tirs au but)
    Et voilà : même dans la logique qui veut que le meilleur joueur provienne de la meilleure équipe, Rodrigo Hernández Cascante, dit Rodri, fut consacré meilleur joueur de la Coupe du Monde 2026, devançant Lionel Andrés Messi, qui a pourtant marqué les esprits avec 8 buts et 4 passes décisives, malgré son âge avancé (39 ans).

À rappeler : cette finale entre l’Espagne et l’Argentine était leur cinquième confrontation, pour une domination espagnole (3 victoires, 1 pour l’Argentine et 1 nul). En revanche, la Seleção, rivale éternelle des coéquipiers de Messi, garde l’avantage sur la Furia Roja : en 7 affrontements, 5 victoires pour l’Auriverde, 1 nul et 1 victoire pour les Espagnols, les partisans de Yamine Yamal, la nouvelle perle du football mondial.

Le tiki taka appelé football champagne, autrefois ( ce jeu de possession espagnol) ne trouve guère de résistance, sauf face au Brésil. Le Real Madrid, plus grand club du pays, ne pratique pas ce style, mais reste un pion majeur du palmarès doré du football espagnol, en cumulant les résultats des clubs et des sélections, toutes catégories confondues (filles et garçons, minimes, juniors, cadets, seniors).
Pourquoi, malgré cette domination, les joueurs espagnols ne brillent-ils pas autant dans les récompenses individuelles ?
Seul Rodri, en 2024, a remporté le Ballon d’Or, un titre controversé. Peut-être sera-t-il encore couronné en 2026, après avoir été champion du monde et meilleur joueur du tournoi. Dommage pour le jeune Yamal, 19 ans, très attendu mais peu éclatant cette fois-ci.
Je pense que la réponse réside dans la culture trop eurocentrée du des espagnols. Ils ont des talents, jouent collectivement de manière extraordinaire, prêtent même main forte aux autres : Pep Guardiola en Angleterre, Luis Enrique au PSG pour la France… Mais, par-dessus tout, une chose demeure : les Espagnols manquent de cette dimension show-off nécessaire dans une société du spectacle où l’individualité prime nettement sur le communautarisme. Voilà pourquoi qu’ils dominent ce jeu, le football, sans faire grand bruit.

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