À LA GUERRE COMME À LA GUERRE : COMMENT ARRIVER À FAIRE COMPRENDRE AUX HAÏTIENS QUE LES BLANCS NE FONT QUE LA GUERRE ?

Sa fè lontan y ap di n kijan pou n viv.
Une phrase de la chanson « Jou nou revòlte » de Boukman Eksperyans, qui chatouille toujours ma conscience…

Sun Tzu, dans L’Art de la guerre, insiste sur l’importance de comprendre la psychologie de l’adversaire, ses forces, ses faiblesses, ses peurs, pour mieux l’exploiter. Tout le génie de la guerre repose sur la duperie : il faut paraître faible quand on est fort, et fort quand on est faible, afin de désorienter l’adversaire. Attaquer l’esprit, pas le corps : l’objectif est d’influencer le comportement des dirigeants et des soldats ennemis, en agissant sur leur intelligence, leur confiance et leur moral.
À ce point, ma question est : n’est-il pas trop tard pour une bataille psychologique avec les pays blancs démons qui persécutent sans cesse Haïti ?

En Haïti on dit : « ou pa fawouche yon fawouchè ». Quelqu’un qui a l’habitude de s’auto-moquer… vous n’avez pas carte blanche dans sa vie pour le mettre mal à l’aise par rapport à ce que vous pourriez lui dire. Et si nous faisions de même avec les blancs : tourner le dos à leurs philosophies de vie, et vivre comme bon nous semble, comme ces gens dans les ghettos, et même les gangs qui font des recettes sur les routes, pour ensuite mener une vie hors des luxes de Pétion-Ville ?

J’ai eu la bonne/mauvaise chance de prendre la route du Sud après environ quatre ans… et j’ai vu ce qui se passe à cause des soi-disant gangs en surface, mais qui résulte d’un plan travaillé et imposé par les nantis et les blancs contre les gens d’ici. J’ai failli pleurer, plonger en sanglots. Mais en voyant tant de jeunes qui s’accouplent avec cette pratique de gang sur la route, je me suis dit ceci : ne peut-on pas en tirer une leçon de ce marasme charognard ? J’ai compris une chose : ces jeunes-là sont en train de vivre une vie hors du standard bourgeois proclamé et recherché par tous les « civilisés ».

Il est quasiment difficile de faire une telle volte-face pour ceux comme moi, bercés par la civilisation occidentale à travers l’école, la télévision, les magazines, évolués dans les villes, et aujourd’hui surtout à cause d’Internet… Mais croyez-vous que les gens dans l’Amazonie, en Amérique du Sud, soient des sous-humains ?

Il faut qu’on trouve un moyen de faire face aux stupidités imposées par les blancs ! Ils ne veulent pas notre mort. Ils veulent que nous soyons toujours à leur merci. Ils veulent utiliser notre existence comme leurs jouets, que nous paraissions leur adversaire. Mais au fond, c’est comme le rapport « Dieu vs Satan » : si nous croyons juste, le premier peut facilement faire disparaître l’autre. Il ne le fera jamais, car l’existence de l’un justifie l’importance de l’autre.

Idem dans la guerre tripartite : USA, Chine, Russie ; il n’y a que des ruses. L’un complète l’autre et justifie l’hégémonie des trois… Dommage, sur le plan humain, les blancs, spécialement les Yankees, considèrent ainsi les noirs d’Amérique, et très particulièrement nous, les Haïtiens.
Cessons d’investir nos âmes et nos amertumes dans leurs modèles, dans une perspective de congeler leurs sourires et leurs plans machiavéliques anti-humains.

CP:Mario Vilvalex

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