Dans un article paru ce matin, 6 juillet, dans Le Monde, on pouvait lire ceci : « L’attaquant vedette de l’équipe américaine de football avait été exclu à la fin du seizième de finale contre la Bosnie-Herzégovine, une exclusion entraînant normalement une suspension automatique pour un match. Folarin Balogun n’était donc pas censé disputer le huitième de finale, lundi, contre la Belgique. Mais, selon de nombreux médias, dont l’Agence France-Presse, un appel du président américain au patron de la FIFA, Gianni Infantino, en a décidé autrement. »
Or, dans Luc 22, v. 26, il est écrit : « Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. » Un enseignement fondamental de Jésus, qui redéfinit le pouvoir et la grandeur par l’humilité et le service. Comment se fait-il que ce pays, qui proclame croire en Dieu, soit celui qui ne respecte ni sa parole ni les règles établies par les assemblées ?
« In God We Trust », devise nationale officielle des États-Unis depuis 1956, inscrite sur la monnaie dès 1864 et généralisée en 1957, se veut une profession de foi. Mais dans les faits, cette foi est souvent contredite par les actes.
Les exemples abondent :
• Venezuela : opération militaire et blocus naval, qualifiés par des experts de l’ONU d’usage illégal de la force.
• Cuba : blocus économique condamné quasi unanimement par l’Assemblée générale des Nations Unies.
• Conventions internationales : refus de ratifier ou de respecter certaines décisions majeures de la Cour pénale internationale.
Et voilà qu’aujourd’hui, le gouvernement américain n’est même pas capable de rester à l’écart du monde sportif, en respectant les principes établis par la FIFA.
Comme l’a rappelé une instance européenne : « Le football, comme tout autre sport, repose sur des règles, qui sont le fondement d’une compétition équitable, honnête et transparente. Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. En l’occurrence, ce n’est pas le cas. »

L’ironie des discriminations
Né à New York en 2001, Folarin Balogun a grandi à Londres, ses parents étant originaires du Nigeria. Selon les préjugés occidentaux, il serait relégué au rang de « nègre ». Pourtant, il est aujourd’hui la vedette de l’équipe américaine, indispensable pour dynamiser son attaque. Ironie cruelle : le racisme change de visage quand le « sauveur » est noir.
À l’inverse, le Paraguay, éliminé par la France, a vu l’une de ses députées, Celeste Amarilla, s’en prendre violemment à Kylian Mbappé sur X, le comparant à des « chimpanzés » et le qualifiant d’« arrogant et laid ». Une attaque raciste d’une rare violence, qui illustre combien le football reste un miroir des discriminations.
Et comme si cela ne suffisait pas, Rudy Garcia, après Belgique–Sénégal, a ironisé sur la décision d’annuler la suspension de Balogun : « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la FIFA. »
Une soumission inquiétante
Alors, pourquoi les acteurs du football (joueurs, arbitres, fédérations, confédérations, journalistes, clubs ) ne se lèvent-ils pas d’une seule voix pour dénoncer cette soumission de Gianni Infantino au pouvoir américain ?
Le dragon américain crache son feu partout sur la planète, sans respect pour les règles, les peuples ni les institutions. Et désormais, il brûle aussi l’esprit du sport, censé incarner l’équité et la fraternité universelle.