Les fans ont soif de grands matchs fantastiques.
La guerre est un affrontement armé entre États ou groupes politiques visant à soumettre l’adversaire ou négocier la paix, tandis que le génocide est l’extermination totale ou partielle d’un groupe humain ciblé pour ses caractéristiques identitaires. En d’autres termes, on peut comprendre que dans une guerre, il y a de l’affrontement et que le meilleur gagne. Tandis qu’un génocide est une sorte de guet-apens / une attaque lâchement perpétrée par un ou des puissants contre un groupe… Comme on dit en Haïti : « pito nou lèd, nou la ».
C’est ainsi que, de jour en jour, on constate l’évolution de notre sport roi, le football, à travers le monde, à cause de la cupidité du système capitaliste ; et surtout, aujourd’hui encore, à cause de l’influence du grand bras de la politique dans certaines décisions… (rappelez-vous que le gouvernement américain a dû mettre la pression sur la FIFA pour obtenir cette co-organisation du Mondial 2026. Et le président Trump est intervenu sans voile pour imposer à Gianni Infantino sa puissance contre la loi du jeu).
Jusque-là, on est en manque de grands matchs dignes de haut niveau, comme cela devrait être dans une phase finale de Coupe du monde de football…
Qu’est-ce qu’un grand match fantastique de football ? Cela désigne une rencontre exceptionnelle qui transcende le sport par son scénario, son intensité dramatique et son enjeu. Ces parties mythiques, souvent comparées à des épopées, marquent durablement l’histoire grâce à des renversements de situation inespérés ou des prouesses techniques. Le choc entre une équipe au jeu ultra-offensif et une autre réputée pour sa solidité défensive. Des performances individuelles magistrales, des joueurs légendaires en pleine forme qui prennent le contrôle du jeu à eux seuls
Exemples :
• Allemagne vs Argentine (finale de la Coupe du monde 1986)
• Brésil vs Italie (Coupe de France 1997)
• Bayern Munich vs Manchester United (finale Ligue des champions 1999)
• L’Europe vs le Reste du Monde (sélections organisées, le 4 décembre 1997)
Ceux qui ont vécu le foot des années 90-2000, et même avant, auront/ont sûrement du mal à se laisser aller avec chaleur au cœur pour ce niveau de football très fade, en manque de justesse et de compacité, qui se joue aujourd’hui. Où sont passés les duels intitulés match dans le match, comme un face-à-face sur la ligne entre Zanetti et Roberto Carlos ?
Dans ce Mondial 2026, les joueurs sont arrivés sous la chaleur, fatigués à cause de trop de matchs joués pendant la saison des clubs et d’autres matchs avec leur sélection. Jadis, les clubs reposaient véritablement sur la politique de diversité : ils avaient une équipe référentielle pour disputer chaque compétition. Aujourd’hui, à cause de la question de vente des images, les stars, les joueurs de première équipe, sont presque tout le temps sur le terrain (cela leur rapporte beaucoup plus d’argent).
Une sélection comme le Brésil avait pour habitude de laisser ses stars hors de certains matchs, comme la Copa América. Ce petit rappel est une façon de crier et dire : pour une telle compétition comme la Coupe du monde, arriver avec de la fraîcheur dans les jambes des athlètes est quasi important et nécessaire, pour avoir de bons matchs de foot.
Le dernier carré / les demi-finales reflètent parfaitement la crème de ce sport aujourd’hui avec les quatre équipes premières du classement FIFA :
• France, première
• Argentine, deuxième
• Espagne, troisième
• Angleterre, quatrième
Il n’y a pas de secret, ce sont les meilleurs. Mais avons-nous eu un ou deux matchs super wow / fantastiques que l’une de ces quatre équipes a disputés avant d’en arriver jusque-là ? Les équipes sont en manque de régime. Leur niveau de performance est instable : par moments haut, d’autres moyens. C’est clair, c’est dû au foot mondial qui est en perte de vitesse et de repères depuis des heures multipliées par mille.
Posons-nous la question : quels sont les niveaux du football brésilien, italien, allemand, hollandais, etc., depuis quelque temps sur la toile ? C’est le résultat de l’opération de la décadence qu’on est en train de vivre là, dans cette Coupe du monde moribonde. Regardons dans le passé combien ces sélections ont apporté au foot. Elles ne sont pas obligées d’être au top de manière éternelle, certes, d’autres peuvent prendre leur place. Qui sont ceux, voit-on, qui font la relève depuis leur baisse de régime ?
Il n’est pas possible d’avoir l’espoir d’une grande Coupe du monde sans que ces grandes nations de football ne soient en mesure de produire de grands et bons joueurs comme des entraîneurs sur la planète foot. Et aussi, pour avoir un football de grande qualité au niveau des seniors, il faut qu’il y ait une politique qui encourage les minimes, cadets, en sortant depuis le berceau avec la passion de ce sport comme Teton. La FIFA penche-t-elle sur cette préoccupation-là, lors de ses multiples assemblées ?
Aujourd’hui, on dit souvent que le football est plutôt robotique parce que les entraîneurs ont beaucoup trop d’impact sur le jeu des équipes. Ce qu’a fait Ståle Solbakken avec l’équipe norvégienne, en plaçant Alexander Sørloth en tant que faux ailier dans les matchs, au lieu de le faire jouer à côté de Haaland dans un 4-4-2, est la preuve que la détérioration est à son paroxysme.
Une sélection française qui se force à jouer avec 4 attaquants, en demandant à ce que l’un d’entre eux soit un faux milieu offensif pour le pont entre l’attaque et le milieu de terrain, ce qui donne un milieu de terrain creux. Un Thomas Tuchel avec un effectif aussi riche que l’équipe d’Angleterre, qui nous sert une équipe laborieuse, sans inspiration ni magie. Une sélection espagnole invaincue depuis 36 matchs consécutifs, jouant un football détaché de sa rigueur, compacité, créativité.
Argentine, maître du monde depuis le sacre de 2022 : championne en titre, double vainqueur de la Copa América. Championne des éliminatoires de la CONMEBOL… Nonobstant, l’équipe a dû souffrir devant des équipes des tableaux inférieurs (Cap-Vert, Égypte, Suisse) pour assurer son arrivée au dernier carré. Puis, comment définit-on le style de jeu que pratique cette équipe dans cette Coupe du monde : Messi mania ?
Il est clair que des joueurs tels que Messi, Mbappé, Kane, Bellingham, Haaland, Rodri, etc., sont en train de faire leur boulot, en jouant statistiquement un très grand Mondial. Mais auront-ils autant de succès dans une vraie Coupe du monde, avec un niveau de football en santé des pays tels que : Italie, Brésil, Allemagne, Hollande, Croatie, Tchécoslovaquie, Suède, Hongrie, Uruguay ?
Nous, les fans, voulons de la vraie guerre footballistique pour nous régaler, aussi pour dire à la politique : « va te faire foutre » avec vos guerres stupides qui tuent et maltraitent des êtres humains sur la planète.