Quel idéal de la part de BIC : Love mathématique, 1+1=1

Le mot idéal désigne ce qui est parfait, ce qui n’existe parfois que dans la pensée ou encore un modèle vers lequel on tend.
L’être humain est un assemblage de trois éléments essentiels : l’esprit, le sentiment et le corps. Chacun joue un rôle fondamental dans notre existence. L’esprit représente la pensée, la logique et la capacité de comprendre le monde. Le sentiment correspond à la sensibilité, à tout ce qui nous fait vibrer. Quant au corps, il est l’enveloppe, le véhicule qui permet à l’esprit et aux émotions d’agir dans le monde réel. Cette idée rappelle, d’une certaine manière, la formulation de l’Évangile : un seul Dieu en trois personnes.
René Descartes écrit : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée». J’avoue avoir toujours trouvé cette maxime profondément ironique. Chacun croit posséder suffisamment de raison, alors que notre manière de voir le monde diffère constamment.
Peut-être est-ce dans cette vallée de réflexion que Roosevelt Saillant, alias BIC Tizon Dife, s’est plongé lorsqu’il a écrit 1+1=1. À travers cette chanson, il exprime l’idée que deux personnes unies par l’amour ne font plus qu’une.
Mais une question me traverse, cher BIC : est-ce l’amour qui possède un pouvoir si immense qu’il transforme deux êtres en une seule entité ? Ou bien est-ce parce que chacun est déjà devenu pleinement lui-même que leur union peut véritablement tendre vers cette unité ?


Selon le dictionnaire Larousse, l’amour est un mouvement de dévouement, une affection profonde, un attachement intense envers quelqu’un ou quelque chose.
Dès lors, une personne qui se cherche encore, qui ne s’est pas retrouvée, peut-elle réellement construire une telle union, solide comme vous le dites, avec une autre ?
Le monde dans lequel nous vivons fonctionne selon des logiques imposées par les plus puissants : influences, manipulations, conditionnements, normes… Dans un tel contexte, un individu peut-il réellement échapper à l’aliénation et devenir pleinement lui-même ? Peut-il vraiment être ce « un » dont parle cette équation ?
J’aime profondément cette idée de 1+1=1. J’y vois une magnifique caricature de la complicité, de la fusion des émotions, des sentiments et de la communion entre deux êtres.


Cependant, une autre image me parle davantage : celle de la clé et de la serrure. Deux éléments différents mais complémentaires, qui trouvent leur sens ensemble, non parce qu’ils perdent leur identité, mais parce qu’ils se correspondent.
Selon ma lecture du monde, nous passons toute notre existence à nous chercher. Nous avançons par tâtonnements, nous nous déconstruisons pour mieux nous reconstruire. Le jour où l’esprit, les émotions et le corps parviennent enfin à s’accorder, nous pouvons dire que nous nous sommes retrouvés. C’est alors qu’apparaît une telle stabilité interne-externe, une forme d’unité personnelle, parfaite. Dire que ce chemin est difficile serait un euphémisme.
Actes 4:34-35 : «…À chacun selon ses besoins… »
Permettez-moi cette digression, en interprétant cette courte phrase biblique dans une perspective narrative.
Si, comme le soutient Rousseau, l’homme naît bon et que la société le corrompt, alors cette corruption nous éloigne progressivement de notre nature première. Nous finissons souvent par vivre selon ce que les autres attendent de nous plutôt que selon ce que nous sommes intrinsèquement.


C’est pourquoi une autre question s’impose : comment une société peut-elle construire un projet collectif qui respecte pleinement chaque individu ? Comment permettre aux « micros » de rester debout sans déséquilibrer le « macro » ? Comment préserver les singularités sans conduire à l’anarchie ?
L’intelligence artificielle me proposait cette réponse :
« Une société peut tendre vers une démarche unitaire en reconnaissant l’interdépendance de ses membres, en partageant des valeurs communes et en favorisant un dialogue inclusif. Cette évolution suppose de relier les individus autour de projets communs. »
(Au passage, cette expression de dialogue inclusif ne rappelle-t-elle pas, d’une certaine manière, le projet de Tuneb Delpé, le dialogue national, porté par la CNHS ? Cette initiative visait justement une refondation de l’État haïtien par le consensus, la concertation et la recherche de solutions durables.)
Pour revenir à BIC et à sa magnifique manière de représenter l’amour par 1+1=1, je crois que la véritable inconnue de cette équation se situe ailleurs. Avant de vouloir démontrer que deux peuvent devenir un, ne faudrait-il pas d’abord résoudre une autre équation : comment un individu devient-il réellement un avec lui-même ?
Une fois cette démarche unitaire accomplie, nous pourrons alors vérifier si l’amour possède effectivement ce mystérieux logiciel capable de transformer 1+1=2 en 1+1=1… voire même en 3, si l’on considère que les réalités invisibles participent aussi, d’une certaine manière, à notre existence ici sur terre.
Enfin, les sports collectifs, comme le football ou le basketball, nous offrent déjà une piste de réflexion. Ils démontrent qu’un collectif fort n’écrase pas nécessairement les individualités. Au contraire, les plus grandes équipes sont souvent celles où chaque joueur demeure pleinement lui-même tout en mettant son talent au service du groupe.

CP:Mario Vilvalex

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