« C’est jamais bon de laisser dormir les créances, et surtout de permettre au petit personnel de rêver. »
Cette phrase culte est prononcée dans le film Les Tontons flingueurs, sorti en 1963 et réalisé par Georges Lautner. Elle illustre parfaitement une logique esclavagiste dans un registre camouflé : le petit personnel, les subalternes ou les employés du dernier étage ne doivent pas rêver, car cela leur donnerait de l’ambition ou les laisserait imaginer qu’ils ont du pouvoir ou de la liberté…
C’est tellement bête, inhumain, et en totale dichotomie avec l’intelligence, de s’approprier sans nuance l’expression : Dura lex, sed lex / « La loi est dure, mais c’est la loi ».
C’est comme affirmer que la société dans laquelle nous vivons évolue dans un degré de perfection supérieure, alors même que ce n’est pas elle qui a inventé les armes à feu (aujourd’hui il y a le nucléaire…), et qu’elle multiplie les guerres pour détruire des vies.
Dans un monde placé sous la sellette du capitalisme, où même les riches ne cessent de travailler parce que c’est ainsi qu’ils peuvent garder ou accroître leurs richesses… Que pensez-vous alors de ceux qui travaillent pour un salaire modique et dérisoire, justifié par leur statut, et à qui l’on exige : 8 h am – 4 h pm, toute la journée enfermés dans un lieu pour accomplir un petit boulot qu’ils pourraient réaliser en 30 à 45 minutes?

Le travail doit servir à l’épanouissement, à la dignité et aux besoins de l’être humain. L’humain ne doit jamais devenir un simple outil ou un esclave au service d’une quelconque production. La valeur de la personne humaine doit être placée au-dessus de la rentabilité économique ou d’un schéma administratif orthodoxe ou plagié :
« 8 h am – 4 h pm » dans l’administration. Ce n’est pas comme le temps réglementaire d’un match sportif. C’est une intervalle, une portion d’heures attribuée à quelqu’un afin qu’il puisse travailler, produire une quantité d’efforts cérébraux ou physiques, dans une perspective de résultat. En effet, n’est-ce pas le résultat qui compte?
L’expression « la lettre et l’esprit » oppose le sens textuel et littéral d’une règle (la lettre) à son intention profonde ou son but recherché (l’esprit). Suivre la lettre signifie obéir strictement aux mots exacts, tandis que suivre l’esprit consiste à comprendre et respecter la volonté réelle de l’auteur. Comment osez-vous croire, jusqu’à asphyxier autant de principes dans la République dessalinienne, en cherchant à remettre des gens dans la chaîne ou dans des cages, au lieu de pousser la conception « tout moun se moun » vers une réflexion qui place l’être humain au sommet de l’humanité?

Pouki nou pa panse bay malere ak malerèz yo tan ak posiblite pou yo kapab mare plizyè ti travay ansanm, pou ede yo fè yon ti monnen ki plizoumwen pwès… (menm si li pap janm egal ak pa gwo chabrak yo…) pou yo kapab viv tankou moun tou, andedan sosyete kote lajan se sèl Wa a?
Permettez que je partage un extrait d’un article du journal Euractiv, paru le 7 janvier 2020 :
La Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a annoncé vouloir réduire le temps de travail hebdomadaire dans son pays.
« Je crois que les gens ont le droit d’avoir plus de temps à consacrer à leurs familles, à leurs proches, à leurs loisirs ou à la culture », a-t-elle déclaré.
Si la mesure était appliquée, les employeurs finlandais ne seraient pas les premiers à réduire le temps de travail de leurs salariés. Ces dernières années, plusieurs entreprises ou administrations ont opté pour des semaines plus courtes, à salaire égal. Et souvent, ça marche.
En 2015, la municipalité de Göteborg, en Suède, a ainsi décidé de faire passer 80 employés d’une maison de retraite municipale à la journée de six heures, sans perte de salaire. Les résultats ont été positifs : ils disaient « travailler de façon plus énergique et efficace », selon les conclusions d’un rapport publié par les autorités locales et relayé par The New York Times.