Le Mouvement National Force Démocratique ( MONAFOD ), sous la présidence de Jocelyn Thierry Herby, exprime de vives préoccupations quant à la possibilité d’organiser des élections crédibles, transparentes et sécurisées dans les conditions actuelles du pays. Pour MONAFOD , la situation sécuritaire demeure l’un des principaux obstacles à la tenue d’un processus électoral véritablement démocratique.
L’insécurité généralisée affecte plusieurs régions et communes du pays, notamment
Croix-des-Bouquets, Bilan, plusieurs zones de Port-au-Prince, Mirebalais, Kenscoff et le département de l’Artibonite, entre autres territoires confrontés à des difficultés majeures de sécurité et de libre circulation.
Dans ce contexte, le mouvement estime qu’il serait difficile de garantir à l’ensemble des citoyens la possibilité de se déplacer librement, de participer aux activités électorales et d’exercer leur droit de vote dans des conditions normales.
La question de l’identification nationale
MONAFOD soulève également la problématique persistante liée à la pièce d’identification nationale. Selon le mouvement, malgré les démarches entreprises par l’Office National d’Identification (ONI) et les appels adressés aux citoyens afin qu’ils accomplissent les formalités nécessaires, de nombreux demandeurs affirment ne toujours pas parvenir à obtenir leur carte d’identification.
Le mouvement considère que cette situation constitue un sérieux problème pour la préparation d’un scrutin inclusif, particulièrement lorsque des citoyens régulièrement engagés dans les démarches administratives demeurent confrontés à des difficultés pour obtenir leur document d’identification.
MONAFOD affirme par ailleurs avoir des inquiétudes concernant le traitement de certains dossiers liés à l’identification et demande que les procédures soient appliquées de manière équitable, transparente et indépendante de toute affiliation politique.
MONAFOD dénonce le risque d’un processus électoral contesté
Dans sa prise de position, MONAFOD estime que l’organisation d’élections dans un contexte où une partie de la population ne bénéficie pas d’un environnement sécuritaire adéquat et où des problèmes d’identification persistent pourrait alimenter la méfiance et les contestations.
Le mouvement parle d’un risque de « coup d’État électoral », expression utilisée pour dénoncer ce qu’il considère comme la possibilité d’un processus électoral organisé sans garanties suffisantes d’équité et de transparence.
MONAFOD soutient que les autorités actuellement en place doivent avant tout restaurer la confiance de la population et créer les conditions nécessaires à des élections véritablement crédibles.
Pour le mouvement, la légitimité d’un scrutin ne dépend pas uniquement de la date à laquelle il est organisé, mais surtout de la capacité de chaque citoyen à participer librement, en sécurité et sans discrimination.
Le rétablissement de la sécurité comme priorité
Face à cette situation, MONAFOD demande aux autorités de mettre la sécurité nationale au premier plan et de prendre des mesures concrètes pour permettre aux citoyens de circuler, de vivre et de participer à la vie démocratique sans peur.
Le mouvement demande également que les élections soient reportées jusqu’à ce que les conditions minimales de sécurité, d’identification et de confiance soient réunies.
Pour MONAFOD , la priorité doit être de créer un environnement dans lequel chaque électeur pourra exercer son droit de vote dans la sérénité et où les résultats du scrutin pourront être acceptés par la majorité de la population.
Le mouvement insiste enfin sur la nécessité de permettre aux personnes déplacées par l’insécurité de retourner dans leurs quartiers et leurs communautés d’origine dans des conditions sûres, avant la tenue d’un processus électoral national.
MONAFOD réaffirme ainsi son attachement à la démocratie et à des élections libres, honnêtes, transparentes et crédibles, tout en appelant les autorités à ne pas confondre urgence électorale et précipitation électorale.