Martelly, Préval, Aristide… Vous dites qu’ils sont corrompus. La corruption est-elle vraiment la source des problèmes d’Haïti ?

Je vais tenter d’interpeller le texte « Chalmay Peral » de l’artiste Kebert Bastien dit KEB, pour vous parler de ” Leta lakou” , développer ma vision à partir de cette réflexion.
Mais d’abord, permettez-moi de voyager un peu avant d’y revenir.

J’ai souvent essayé de me placer entre deux maximes significatives concernant la loi :

  • « À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir »
  • « Dura lex, sed lex / La loi est dure, mais c’est la loi »
    Pour comprendre ces deux phrases parallèles, je me mets tantôt dans la peau d’un être humain, tantôt dans celle d’un citoyen haïtien, issu de la nation de Jean-Jacques Dessalines, figure majeure de la liberté humaine, premier peuple noir révolté contre le système esclavagiste.
    Aujourd’hui, il ne s’agit pas de parler de science juridique, mais plutôt de réfléchir sur la notion de système, cette organisation sociétale qui inclut les lois de la République.

Qu’est-ce qu’un système ?
Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés pour atteindre un objectif commun. Il fonctionne comme un tout unitaire, où chaque partie dépend des autres.

La Bible vous dirait :
« Toutes choses concourent au bien ou au mal » (Romains 8:28). Plus concrètement, Genèse 2:8-15 raconte le premier grand système mis en place, terminé par une loi, violée ensuite par l’homme. Selon les religions issues de la Bible, cette transgression serait la cause des maux de l’humanité.
Dès lors, une interrogation s’impose : si Dieu lui-même n’a pas pu créer un système assez fiable pour empêcher l’homme de violer sa loi, comment imaginer que cette créature, multipliée et dispersée sur la planète, puisse établir un mode de fonctionnement capable de maintenir la fidélité aux principes établis ?

« Chalmay Peral » de KEB
Cette chanson engagée, sortie en 2015 sur l’album PWENNFÈPA, rend hommage à Charlemagne Péralte, leader de la résistance des « Cacos » contre l’occupation américaine (1915-1934). Elle célèbre la lutte anti-impérialiste et la mémoire de ce héros national, exhortant les Haïtiens à la résistance et à la dignité.

  • « Ayisyen se pa sa w achte ou ka kwit… »
    Cette phrase reflète le modèle de société que nous avons choisi ou qui nous a été imposé.

Trois éléments clés du système haïtien

  1. Une population mosaïque
    L’union des Noirs et des Mulâtres a donné naissance à la première nation libre. Mais le territoire reste marqué par une dichotomie : « les gens dedans » et « les gens dehors » (cf. Gérard Barthélemy, Le pays en dehors). Les décisions prises à Port-au-Prince concernent toute l’île, mais la campagne reste souvent en marge, contrainte de suivre des procédures qu’elle ne comprend pas.
  2. Les lois de la République
    Entre 70 et 85 % des lois haïtiennes sont copiées d’autres pays, surtout de la France. Le droit pénal et civil haïtien est fortement influencé par le modèle français. Mais qu’avons-nous réellement à voir avec la France pour que nos principes soient plagiés de son système ?
  3. L’ingérence étrangère
    Depuis 1915, les États-Unis exercent une influence directe sur Haïti. La capture et la mort de Charlemagne Péralte en sont une preuve historique. Ce rapport de domination se poursuit encore aujourd’hui, comme dans d’autres pays (Irak, Iran, Venezuela…).

Conclusion
Haïti, territoire de 27 500 km², navigue dans une mer de contradictions. nous sommes un peuple de fantoche. il faut reconnaître nos hypocrisies et nos incohérences.
Pourquoi ou comment diable voulez vous alors empêcher à Martelly de bâtir en Haïti, une maison estimée à 9 millions de dollars, ou reprocher à Aristide d’avoir doté le pays d’une université à Tabarre, ou encore accabler Préval malgré l’accord PetroCaribe signé pour Haïti ?

Depuis toujours, les hauts responsables sont taxés de corruption. Mais n’est-il pas nécessaire de chercher la véritable raison liée à cela ?
Ma réponse :

  • L’humain est flexible, sujet à l’erreur et à la tromperie.
  • Haïti, en tant que pays, n’est pas encore défini. Le système en place ne reflète pas véritablement la nation.

KEB nous rappelle :
« Yo genyen gwo zam, nou genyen gwo lakou… »
Peut-être que la solution réside dans une organisation inspirée des lakou, où l’autorité visible se conjugue avec l’invisible, et où l’engagement dépasse la simple laïcité copiée de la France.

  • “Nous avons osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous-mêmes”, “Jurons de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance de notre pays”
    Nous dit notre père dieu DESSALINES, le grand.

Ayisyen : an nou sispann kite diyite nou ale kite n…
Essayons donc avec une autre forme d’organisation étatique reflètant la majorité : Leta lakou !

CP: Mario Vilvalex

BWA PIWO

BWA PIWO

Read Previous

Ligue Haïtienne de Football : Le Baltimore SC rejoint le Violette AC en finale

Read Next

La 3e édition de la foire gastronomique de la Jeunesse de l’EPDC, une réussite éblouissante

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Most Popular