Permettez-moi d’être bossalement impoli : aux détracteurs de René Depestre, allez vous faire foutre !
que faites-vous pour prouver votre désaccord avec vos propres gouvernements? Pourquoi ne pas agir contre les États-Unis de Donald Trump, qui piétinent l’humanité ?
Heureux ceux qui sont des humains ordinaires, faciles à classer, à étiqueter, à être dogmatisé. Heureux ceux qui pensent dans les lignes déjà tracées, qui parlent avec les mots autorisés et qui ne dérangent jamais l’ordre établi.
Mais que faire de ceux qui refusent d’entrer dans les cases ?
Que faire de ceux qui, par leurs choix, leurs contradictions et leurs prises de position, obligent une société à réfléchir sur elle-même ?
Luc Mervil, dans sa chanson – Solitude dans la foule, lance une phrase qui mérite qu’on s’y arrête : « On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter… »
Oui, écouter l’autre.
Mais dans nos sociétés, pour être écouté, ne faut-il pas commencer par dire ce que les autres veulent entendre ?
Dès que votre parole sort des lignes convenues, vous devenez suspect. Et lorsque vous refusez de vous conformer, vous pouvez rapidement devenir persona non grata.
Jean-Baptiste en est une illustration saisissante.
Dans l’Évangile selon Marc, au chapitre 6, Jean-Baptiste reproche ouvertement à Hérode Antipas : « Tu n’as pas le droit d’avoir la femme de ton frère. »
” Dura lex, sed lex “
Il savait que le pouvoir pouvait le faire du mal. Il savait que la vérité, lorsqu’elle s’adresse directement au pouvoir, cela peut avoir un prix. (1 samuel 8 : 10-18)
Et pourtant, il n’a pas choisi de se taire.
Son refus de transiger avec ce qu’il considérait comme une injustice le conduisit à la mort.

Et c’est là que commence notre réflexion sur René Depestre.
Regardez le documentaire d’Arnold Antonin, On ne rate pas une vie éternelle, consacré à la vie et au parcours de René Depestre.
On y découvre un homme qui n’a pas traversé le XXᵉ siècle comme un simple spectateur.
Poète, romancier, essayiste, militant politique : Depestre a connu les luttes, les ruptures, les déplacements, les désillusions et les exils. France, Tchécoslovaquie, Cuba, Italie, Chili, Haïti : son parcours est marqué par des espaces politiques différents, parfois contradictoires, et par des conflits avec des systèmes auxquels il ne s’est pas toujours soumis.
Son existence ressemblait à celle d’un hélicoptère pris dans une violente vrille : il change de ciel, perd ses repères, vacille sous les drapeaux, mais par chance, il ne s’est pas écrasé.
Comme le chante Dieudonné Larose dans Pitye :
« Bondye kreye latè, li pat janm di se pou pèsonn…
Yo pa ka viv anba dlo, yo pa ka viv nan lespas,
si yo pa ka viv sou latè a menm, mezanmi, kote plas yo ye la ? »
Voilà peut-être la question fondamentale : où doit vivre celui qui n’est accepté nulle part ?
Dans quel pays doit-il respirer lorsque la droite le rejette ici, que la gauche le rejette par là, que les idéologies se transforment en frontières et que les anciennes fidélités deviennent des procès permanents ?
À un moment donné, il faut bien vivre, putain…
Pourquoi certains voudraient-ils qu’un homme ne soit jamais lui-même pour être acceptable ?
Pourquoi faudrait-il que Depestre soit mort, réduit au silence ou définitivement rangé dans une catégorie idéologique pour que certains puissent enfin le considérer comme un « héros », un « correct » ou un « vrai intellectuel haïtien » ?
Pourquoi exigez-vous de certains qu’ils affrontent seuls les puissances de leur époque, alors que vous-même ne prenez pas nécessairement le risque d’affronter ceux de vos temps, comme Trump, la figure du diable du moment ?
Pourquoi reprocher à Depestre d’avoir choisi de vivre lorsqu’il aurait pu mourir pour rester conforme à l’image que vous aviez construite de lui ?
Finalement, il a choisi de vivre en France, ce pays que son coeur a épousé depuis son premier voyage, laissant sa terre natale, après avoir mené les luttes de 1946 aux côtés de Jacques S. Alexis, Gérald Bloncourt et d’autres. Ceux qui l’accusent de trahison marxiste auraient préféré qu’il continue à être rejeté partout. Mais il fallait bien exister quelque part, où la neutralité est elle possible, ainsi il pourrait tranquillement vous laisser avec vos dogmes, de vous s’entre-déchirer.
Vous vouliez pouvoir raconter son histoire derrière son dos, en disant qu’il a accompli vos souhaits? Merde!Pendant ce temps, là aujourd’hui vous avez l’aigle américain qui déploie ses ailes sur le monde, pourquoi vous ne vous unissez pas pour lui résister? Ainsi, vous pouvez sans doute faire jaillir du remord dans l’âme franco haïtien qu’est devenu Depestre…
Vous voudriez que lui seul porte bien vos revendications?
Vous vivez sous les bottes des Yankees, et vous exigez de lui qu’il soit six pieds sous terre comme Dessalines, qu’un intellectuel économiste haïtien a eu le culot d’oser dire sur les ondes qu’il en a marre d’entendre parler des héros de l’indépendance…
Bandes d’hypocrites! Vous vouliez que ce dernier soit ainsi traité à travers un poème ou une chanson. Comme ça il en serait digne à vos yeux d’être un vrai homme?
Thomas Jefferson disait : « L’arbre de la liberté doit, de temps en temps, être arrosé du sang des tyrans, car c’est un engrais naturel. »
Entre Donald Trump et René Depestre, lequel est un tyran?
Un tyran est un chef ou une personne qui prend tout le pouvoir par la force ou la ruse. Il dirige seul, sans respecter les lois, et utilise la peur ou la violence pour se faire obéir.

Alors, détracteurs, si vous voulez jeter vos pierres, faites-le en toute bonne conscience: contre celui dont la présence vous exaspère le plus.
« Il n’y a point de juste, pas même un seul. » ecrit donc dans la bible dans
Romains 3:10.
Ou menm ki jije ou pibon pase RD,
Kontinye kritike l pou ou kapab fè Tonton Sam wè ou kòm yon moun entelijan !!!
Mais lui,
il a vieilli. Il a pensé. Il a changé. Il s’est trompé peut-être.
Il s’est corrigé peut-être. Et maintenant
Il vit sa petite vie. avant de vous quitter avec votre monde peuplé des imbéciles, comme le dit Sade.